Le jeudi 17 mars 2011, le Front Républicain pour l’Alternance et le Changement (FRAC) et le Parti des Travailleurs, ont appelé les populations à une Marche pacifique pour « arracher le retrait immédiat et sans condition du projet de loi scélérat de Pascal BODJONA contre la liberté de réunion et de manifestation ».

Alors que les populations, venant de tous les quartiers de la ville de Lomé et de ses environs, se rendaient en masse au point de départ de cette marche pacifique, à Bè-Kodjindji, d’importantes escouades de gendarmes et de miliciens du RPT ont été déployées, bien avant 7H du matin, pour en interdire l’accès.

Aux environs de 9H, alors que la foule devenait de plus en plus dense sur les trottoirs en attendant le départ de la marche, le maréchal des logis chef qui commandait le contingent de gendarmes a brusquement sommé les manifestants de : « Dégager  la voie publique ! ».

Devant cette injonction non fondée, Alexandre AMORIN, Conseiller du Bureau de l’ANC se présente immédiatement au sous-officier de gendarmerie pour lui indiquer  que la Constitution togolaise garantit le droit de manifestation et que la marche pacifique de ce jour n’est nullement interdite par les pouvoirs publics qui sont prévenus par courriers en date du 11 mars 2011.

Les organisateurs de la marche pacifique ont à peine commencé à demander aux manifestants de se ranger sur les trottoirs quand le sous-officier a donné l’ordre de tirer sur les manifestants.

De nombreux blessés par des grenades lacrymogènes et des billes en caoutchouc lancées à tirs tendus ont été recensés, parmi lesquels Alexandre AMORIN qui a reçu une grenade lacrymogène en plein visage le blessant grièvement aux lèvres. Il sera immédiatement évacué vers une clinique pour y recevoir des soins appropriés.

S’en est suivie une course poursuite avec une rare sauvagerie qui aura duré toute la mi-journée faisant au total 54 blessés. (Voir liste annexée).

La soldatesque, en guise de trophée de guerre, procède dans les rues comme dans les maisons à l’arrestation de 53 personnes dont l’Honorable Député Robert OLYMPIO, Secrétaire National à l’Organisation de l’ANC qui, sans aucune raison, a été jeté sans ménagement, comme un vulgaire malfrat, dans un véhicule de la Gendarmerie nationale. Conduits au camp de la Gendarmerie nationale, ils seront tous immédiatement incarcérés.

Malgré les interventions d’avocats et d’organisations de défense des droits de l’Homme pour exiger la libération immédiate de l’Honorable député qui bénéficie de l’immunité parlementaire ainsi que celle des autres personnes arbitrairement détenues, les autorités de la Gendarmerie nationale, agissant sur ordre du gouvernement Faure GNASSINGBE – Pascal BODJONA, sont restées sourdes.

Ces menées répressives, véritables chasses à l’homme, se sont poursuivies toute la matinée dans le quartier de Bè avec le concours très remarqué des milices du RPT. De source informée, ces derniers seraient des militaires en civil, du Régiment para-commando de Kara, ramenés à Lomé les jours précédents pour réprimer la Marche pacifique du 17 mars 2011. Tirant des billes en caoutchouc, des grenades lacrymogènes et assourdissantes, gendarmes et miliciens ont pourchassé, passé à tabac et grièvement blessé, les passants, riverains, hommes, femmes, enfants sans distinction.

C’est ainsi que cette horde sauvage de gendarmes et miliciens ont :

  • dans une rue, tiré sur une femme enceinte qui est actuellement dans un état très grave ;
  • dans une maison du quartier Bè-Hédjé, tiré des grenades lacrymogènes jusque dans une chambre où dormaient deux enfants dont un bébé de cinq mois. Des soins intensifs ont permis d’éviter le pire. (voir photo)
  • raflé et emporté à la Gendarmerie de nombreuses motos de citoyens dont certains ne faisaient que passer tout simplement aux abords des lieux où les manifestants ont été pourchassés.

Le FRAC et le Parti des Travailleurs ont dénoncé et condamné avec la plus grande vigueur, la sauvagerie et la barbarie de cette répression ainsi que la décision ignoble et irresponsable du tandem Faure GNASSINGBE – Pascal BODJONA lors de la Conférence de presse qu’ils ont tenue au siège de l’ANC l’après-midi du jeudi 17 mars 2011.

Face à la gravité de faits aussi inqualifiables, le FRAC et le Parti des Travailleurs ont exigé la libération inconditionnelle et immédiate de tous les emprisonnés et réaffirmé, avec fermeté, leur exigence de retrait inconditionnel et immédiat du projet de loi liberticide de Pascal BODJONA contre la liberté de réunion et de manifestation. Dès l’après-midi du 17 mars 2011, ils ont appelé les populations togolaises à poursuivre la mobilisation par des manifestions quotidiennes, à compter du vendredi 18 mars 2011, jusqu’à la satisfaction pleine et entière de ces deux revendications.

Répondant à cet appel dont les médias nationaux et internationaux se sont fait l’écho, les populations de Lomé et de ses environs se sont à nouveau massivement rassemblées, très tôt le matin, à Bè-Kodjindji, pour une nouvelle marche pacifique, ce vendredi 18 mars 2011.

A l’arrivée des responsables du FRAC pour le départ de la Marche pacifique, ils ont été empêchés de sortir de leur voiture par la soldatesque qui les a contraints, manu militari, à rebrousser chemin. A maintes reprises, sur leur chemin de retour, ils ont été pris en chasse par les gendarmes qui, leur faisant des queues de poisson, leur ont coupé la route avec leurs véhicules, les invectivant, les menaçant etc.. On notera le déchainement hystérique, à coups de pieds et de matraques, du « commandant » KONDI sur la voiture de Jean-Pierre FABRE, Président National de l’ANC et leader du FRAC. Dans sa folie meurtrière, le « commandant » KONDI s’adresse au Président National de l’ANC en ces termes : « Si vous ne rentrez pas chez vous, je vais vous brûler vifs le véhicule. Bande de voyous ! » . Puis, il tenta de porter un coup de poing au visage de Jean-Pierre FABRE qui l’aurait reçu, n’eut été la vigilance du chauffeur du véhicule qui démarra en trombe pour éviter l’agression.

C’est le lieu de rappeler que c’est le même « commandant » KONDI qui avait, il y a quelques mois, asséné un violent coup de matraque dans le dos de Jean-Pierre FABRE alors qu’il montait dans sa voiture.

Le FRAC et le Parti des travailleurs ont tenu à dénoncer et à condamner avec la plus grande vigueur :

— 1°) l’interdiction scélérate de la Marche pacifique qu’ils ont appelée à nouveau ce 18 mars 2011 pour exiger la libération inconditionnelle et immédiate de tous les emprisonnés et à réaffirmer, avec fermeté, leur exigence de retrait inconditionnel et immédiat du projet de loi liberticide de Pascal BODJONA contre la liberté de réunion et de manifestation ;

— 2°) les graves menaces proférées par le Commandant KONDI à l’endroit des responsables du FRAC.

Le FRAC et le Parti des travailleurs, qui ont exigé que les motos arbitrairement saisies soient inconditionnellement restituées à leurs propriétaires, ont appelé les populations à intensifier leur mobilisation jusqu’à arracher la libération inconditionnelle et immédiate de tous les emprisonnés et le retrait inconditionnel et immédiat du projet de loi liberticide de Pascal BODJONA contre la liberté de réunion et de manifestation.

Fait à Lomé, le 18 mars 2011

17H 30

Pour le Parti des Travailleurs

Le Secrétaire chargé de la coordination

Claude AMEGANVI

Dernière minute : Les 43 personnes dont le député Robert OLYMPIO, arrêtées et détenues par la Gendarmerie, le jeudi 17 mars 2011, à l’occasion de la Marche pacifique contre le projet de loi liberticide de Pascal BODJONA, ont, toutes, été libérées ce vendredi 18 mars aux environs de 19H. Le FRAC et le Parti des travailleurs ont remercié et remercient tous ceux qui se sont mobilisés pour exiger leur libération sans condition.

LISTE DES BLESSES LORS DE LA MANIFESTATION DU 17 MARS 2011 :

52 personnes recensées sur plus de 100 blessés dont :

— 07 graves ;

— 24 moins graves et

— 21 blessés légers

 

NOM & PRENOMSAGE
1ATOEGNINOU Koami32 ans
2AKAKPO Kokoutsè18 ans
3KLOUTSE Jérôme20 ans
4MENSAH Ekoévi24 ans
5ADANLETE Ayélé35 ans
6DATE Tétévi40 ans
7KOUMEDJRO Elise36 ans
8GBEKOU Ayaovi18 ans
9AMOUSSOU Ayité45 ans
10AFANGNIBO Tété30 ans
11FOLLY Kangni32 ans
12AYI Akossiwa33 ans
13APELETE Didier24 ans
14DJIDJONOU Kossi42 ans
15AMEDE Mensanvi43 ans
16ALOGUINOU Edmond16 ans
17EDORH Gbessinoudé20 ans
18AKLOBESSI Iréné19 ans
19ADEHESSO Kodjo17 ans
20AMEKON Antoine22 ans
21DOSSOUVI Djili51 ans
22KETEMEPI Kossivi32 ans
23AKOTO Joseph38 ans
24ADJOR Louis Kouma42 ans
25SOTOR Constantin27 ans
26AKITI Rémy32 ans
27GBODOSSOU Hodélé40 ans
28ATAROU Adaï38 ans
29ADIMA Assou31 ans
30GERALDO Franck Adébayo41 ans
31SIBILI Ekpaou32 ans
32TAZOU Tchitchidè29 ans
33MAWOUGBE Dodji33 ans
34FOLLY Assion24 ans
35KARASSOU Fataï37 ans
36TCHAA Esso23 ans
37LABITEY Ekoué29 ans
38LAGBONOU Agbanzo27 ans
39ATOLOU Mawounyo33 ans
40AGBELENKO Toukouin19 ans
41AKALOU Dopé37 ans
42TOSSOUKPE Alexandre43 ans
43AHOLOU Henri31 ans
44AKATA Cosmas21 ans
45ADJETE René38 ans
46KOULEHO Akpa40 ans
47AYIVI Paulin29 ans
48GBETOHO Komi19 ans
49TAFFA Taïrou27 ans
50ALAGBE Gbédji35 ans
51EDORH François40ans
52KOUKA Blaise22 ans
53ANATO Kossi Claude27 ans
54KOUMA Dodji19 ans

 

LISTE DES PERSONNES ARRETEES PAR LA GENDARMERIE A L’OCCASION DE LA MARCHE ORGANISEE PAR LE FRAC ET LE PARTI DES TRAVAILLEURS

LE JEUDI 17 MARS 2011 :

 

NOM & PRENOMS
1M. OLYMPIO Robert, député à l’Assemblée nationale
2Mme DJELOU Enyonam
3BOSSOU Kokou
4DJOSSOU Amissan Edem
5KOULEFIANOU Espoir Toupie
6SEMANOU Rémi
7ATCHABA Koffi Mawuko
8SALDAOGO Mawuéna
9ADIKOU Kossi
10AVOYI Anthony
11AKUESON Kpakpo
12ADAMA-TAS5A Akouété
13DJADE Koffi
14AKOLLY K. Anani
15ATOYO Koudzo
16DOVI Kokou
17DJINKU Komlavi
18TOGLO Kodjo
19KOUTOUKLU Mawuko
20AVONON Assou
21FOLLY Wawa
22VIAGBO Koko
23FOUSSENI Moudjibou
24DJOSSOU Kokou
25AKODEWOU Kodzo
26ADJOGUIDI K. Djito
27AGBETSOU Tounde
28DOSSOU Edem
29ATTISSO Koffi
30MONTCHO Bernard
31ADAMADO Zékpa T.
32JOHNSON Ampah
33AYENA Beaugars
34AVONOR Sèvi
35AYI Ayovi
36ADJOGAN Angélo
37WILSON Bahun
38TEKO Ekoué
39DOKOU Jean-Luc
40TSIDIME Guillaume
41NASSIROU Ismaël
42AGBOVON Koffi
43ADANDESSO Yao

PHOTOS DES BLESSES LORS DE LA MANIFESTATION DU 17 MARS 2011 :


Pièces Jointes

Compte rendu de la sauvage répression des marches pacifiques des 17 et 18 mars 2011 appelées par le FRAC et le Parti des travailleurs
Titre: Compte rendu de la sauvage répression des marches pacifiques des 17 et 18 mars 2011 appelées par le FRAC et le Parti des travailleurs (0 clic)
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