godwin tete 500« Seule la lutte libère »

                                      Thomas Sankara

Sous une intense pression de notre part – pression conjuguée avec celle de la communauté internationale – Faure Essozimna Gnassingbé va finir par convier nos combattants de la liberté à un « dialogue » mort-né. Mort-né parce que, à la vérité, notre roitelet n’a jamais voulu et ne voudra jamais accepter un réel dialogue qui puisse, de consensuelle manière, résoudre définitivement la « question togolaise » née le 13 janvier 1963 (!). Et pourquoi donc ? Tout simplement parce que Faure E. Gnassingbé n’est nullement de facture à se faire hara-kiri !!!

          D’ailleurs, Gilbert Bawara dira carrément  (!), au cours dudit « dialogue » mort-né, que le RPT/UNIR, quant à ce qui le concerne, n’a point !!! besoin de dialogue. De surcroît, répondant au Représentant de l’Union Européenne au Togo, Robert Doussey nous avait déjà prévenus, à savoir que le gouvernement togolais fera le dialogue, « mais non pas !!! pour faire plaisir à cette institution »… À bon entendeur, salut  (!) deux fois.

          Alors, la comi-tragédie (!) éyadémaognassingbéenne va se poursuivre sur la Terre de nos Aïeux. Alors, une fois qu’il aura – spectaculairement, au vu et au su du monde entier – fait capoter le « dialogue » de mai 2014, Faure E. Gnassingbé va soumettre à l’Assemblée nationale togolaise – où il dispose de 62 députés sur 91 – un « projet de loi » restituant la teneur originelle de l’article 59 de notre Loi fondamentale que nous avons plébiscitée à 98 % (!!!) le 27 septembre 1992, et qui stipule : « Le Président de la République est élu au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois. En aucun cas, nul ne peut exercer plus de deux mandats ». Et c’est cette clause : « En aucun cas, nul ne peut exercer plus de deux mandats » qui hante terriblement !!! Faure E. Gnassingbé et ses affidés… Et pour cause !!!

          En somme, la tactique (ou le stratagème) – pour ce qui concerne l’essence – est limpide comme l’eau d’une source de montagne ! On veut faire croire au Peuple togolais, à la communauté internationale notamment (!!!), que moi, Faure E. Gnassingbé, je veux bien renoncer à briguer un troisième mandat présidentiel, mais voilà (!!!) les « élus » de mon Peuple ne l’entendent pas !!! de la même oreille…

          Oui ! Notre roitelet et ses suppôts nous prennent pour des niais !!! Lui et sa clique oligarchique nous tiennent pour des nigauds !!! Faure E. Gnassingbé et sa curie nous considèrent comme des canards boiteux !!!

          En effet, il est évident que, de toutes les façons, ledit « projet de loi » allait être rejeté soit par l’Assemblée nationale togolaise actuelle, soit par la Cour constitutionnelle RPT/UNIRiste…

          Au demeurant, il y a à parier que la convocation… des Chefs d’État africains par le Président américain Barack Obama, pour août prochain…, ne va guère sans aucun rapport… avec le « projet de loi » sous sa rubrique ici.

          N. B. En tout état de cause, ajutons que cette tactique (ou ce stratagème), Faure Essozimna Gnassingbé ne l’a pas inventée lui-même. Son géniteur Gnassingbé Eyadéma en avait usé – voire abusé – entre 1967 et 1976.

          Oui ! Il s’agissait d’annoncer subitement (!) son « abandon » du gouvernail du bateau… Cependant que l’on soudoie des séides qui mobilisent des troupes qui, à leur tour, descendront dans les rues, au cri de « Eyadéma yé mi le dzi ! » [= « C’est Eyadéma que nous voulons ! »] – se couchant sur des rails…

          Le « grand » « timonier » togolais procéda de la sorte, par faux « souhaits » de départ pour mieux s’enraciner (!), concrètement les 12 janvier 1968, 23 septembre 1971 et 14 novembre 1976.

          Mais le fait est que ces mouvements de « soutien » n’avaient rien, absolument rien de sincère ni de spontané  (!!!). Ils résultaient tout bonnement de la peur… de la répression et/ou de l’effet « mouton de Panurge ».

          À preuve, ces mêmes « souteneurs », une fois rentrés chez eux, livraient leur amertume à leurs proches auxquels ils pouvaient encore témoigner un grain de confiance : « Oh diable ! Quand est-ce que ça va finir ?! »

          Ainsi donc, Peuple togolais (!), seule notre lutte acharnée nous libérera !!! Alors donc, par notre Foi, notre Courage et nos Sacrifices, la Nation togolaise Renaîtra !!!

          Ablodé ! Ablodé ! Ablodé nogo !!!

Paris, le 26 juin 2014

Godwin Tété

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