Déclaration introductive : Pourquoi manifestons- nous?

victimes de la dictature togolaise

Citoyennes et citoyens d’Europe, issus de la Diaspora Togolaise ou Africaine ;

Amis de l’Afrique venus soutenir les citoyens Togolais ou afro-descendants ;

Habitants des quartiers que nous allons traverser et passants qui vous interrogez sur le sens de cette manifestation à Paris, pour la fin de cinquante années de dictature au Togo ;

Nous voulons vous dire que la diaspora afro-européenne d’origine togolaise, rassemblée au sein du Collectif citoyen TOGO DEBOUT EUROPE, souhaite alerter la population Française, sur les expéditions punitives, les opérations de ratissages, les bastonnades, emprisonnements arbitraires, privations de soins et assassinats crapuleux que les Forces armées togolaises (FAT) mènent actuellement au Togo, en particulier dans le Nord du pays. Ces graves violations des droits humains sont infligées à la population du Togo parce qu’elle s’est levée pour réclamer, par des manifestations pacifiques, la fin de la dictature dynastique des Gnassingbé, au pouvoir au Togo depuis plus de 50 ans. La répression barbare des manifestations récentes rappellent le début des massacres qui ont marqué l’arrivée de Mr Faure Gnassingbé au pouvoir, en 2005.

En effet, depuis plus de 50 ans, avec l’appui de tous les gouvernements français de droite comme de gauche avant la Présidence Macron, la famille Gnassingbé spolie les Togolais, annihile le pouvoir du peuple par la répression, les crimes, le  meurtre et la misère instaurée. C’est un véritable Etat de terreur qu’a présidé  durant 38 ans le Sergent-Général d’armée Etienne Gnassingbé Eyadema.

A son décès en 2005, son fils Faure Gnassingbé prend le pouvoir par un triple coup d’Etat ; militaire, constitutionnel puis électoral. La lourde répression de la contestation de ces élections massivement frauduleuses se soldera par au moins 500 morts, des milliers de blessés et plus de 100 000 réfugiés dans les pays voisins. Plus tard, à peu près le tiers de ces réfugiés choisiront des pays Occidentaux comme terre d’accueil.

Six années à peine après l’effacement d’une bonne partie de sa dette extérieure dans le cadre du processus Pays Pauvre très endetté (PPTE), le Togo, petit pays de 7 millions d’habitants, l’un des  moins avancés des pays d’Afrique, croule sous une dette publique qui représente, environ 80% de son produit intérieur brut, le  niveau le plus élevé de l’Afrique de l’Ouest.

Ce régime autocratique accapare les ressources du pays, au profit exclusif d’une minorité, alors que l’immense majorité de la population croupit dans la misère. Les jeunes de moins de 30 ans, qui représentent près de 70% de la population, sont contraints au chômage ou à l’immigration, après des études faites dans des infrastructures scolaires ou universitaires vétustes et calamiteuses.

A l’abandon depuis des décennies, les hôpitaux accessibles à la population sont devenus de véritables mouroirs, alors que les dignitaires du régime et leurs familles se font soigner à l’étranger.

Nous voulons, ici et par la présente, dénoncer le silence mortifère du gouvernement Français, de  l’Union Européenne, de l’Union Africaine et de l’ONU, depuis la répression dans le sang des premières manifestations pacifiques  du 19 août  2017.

Aux nouvelles autorités françaises, qui ne le savent peut-être pas encore, nous voulons rappeler qu’une coopération militaire est en place depuis des décennies, au titre de laquelle des instructeurs Français forment et encadrent les forces armées togolaises (FAT).

Nous nous refusons donc de croire que :

-     Les tirs à balles réelles et à bout portant causant la mort d’enfants de 9 et 14 ans et d’une vache font partie des formations au maintien de l’ordre délivrées aux militaires.

-     Pourchasser des manifestants présumés et aux mains nues jusqu’à ce qu’ils se jettent à l’eau et se noient fasse partie des méthodes de maintien de l’ordre enseignées par les instructeurs militaires français aux forces de l’ordre togolaises,

-     Le Togo ait été offert, comme sanctuaire judiciaire à une poignée de Français en délicatesse avec la justice de leur pays, afin qu’ils s’y installent et y fasse ce qu’ils veulent, en toute impunité. Spoliant la population togolaise, Ils y touchent de surcroît des honoraires exorbitants en tant que conseillers juridiques, militaires ou économiques de la dictature dynastique.

Par ailleurs, nous observons que :

-     L’Union Africaine ne s’est pas encore prononcée, au nom de sa charte des droits de l’Homme et des peuples, alors que la CEDEAO, l’organisation sous-régionale présidée par Faure Gnassingbé, ainsi que le représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU pour l’Afrique de l’Ouest Mr Mohamed IBN CHAMBAS et l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) par la représentante qu’elle a désignée sont englués dans des conflits d’intérêt pour avoir installé Mr Faure Gnassingbé au pouvoir en 2005 dans las conditions que l’on sait et cautionné l’élection frauduleuse de 2015 par laquelle il a été réélu pour le troisième mandat en cours.

-     l’Union Européenne ne s’est pas encore prononcée, au titre de l’article 9 de la convention de Cotonou qui traite des éléments essentiels concernant les droits de l’homme, les principes démocratiques et l’État de droit, et élément fondamental concernant la bonne gestion des affaires publiques

En tout état de cause, nous signifions ici, notre souhait le plus cher de voir et de connaître un TOGO libre, dans lequel la dictature ne sera plus possible, où  la population et surtout la jeunesse  sera en capacité de se  projeter vers un destin commun pour la  vraie paix, la sécurisation des parcours,  et l’essor économique.

 

TOGO DEBOUT ET MARCHE POUR TA LIBERTE

POUR QUE RENAISSE ENFIN LA RÉPUBLIQUE TOGOLAISE !

Site web : http://www.togodebout.info/ – Email : togodebout@togodebout.info

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