ManifSokode07NoveFSA-fenetre sur l afriqueDans le nord, la répression a été encore féroce lors des trois jours de manifestations de l’opposition. Cette partie du pays est-elle la force ou le tendon d’Achille du régime ?

Invités:

1-M. Kofi Nyazozo, Juriste, Membre du Mouvement Citoyen Nubueke Diaspora​

2- Dr Moussa Issifou, Coordinateur de CMAF-Togo, membre de la CMAD, Coordination des Mouvements et Associations de la Diaspora Togolaise

3- M. François Fabregat, Directeur de Communication du Collectif Pour la Vérité des Urnes, CVU-Diaspora

C’était au micro de Sylvain Amos avec la collaboration de Sena Afeto, Siméon Atchakpa, Rodrigue Ahégo.


Sylvain Amos : Sous pression internationale le gouvernement Togo avait finalement levé l’interdiction de manifester en semaine.

La mobilisation et la détermination du peuple togolais ne faiblit pas. Pendant 3 jours, les 7, 8 et 9 novembre la foule était immense. Un seul mot d’ordre le retour à la constitution de 1992.

Comment analysez-vous cette détermination du peuple ?

François Fabregat : Après les trois jours de manifestations auxquelles la coalition de l’opposition togolaise avait appelé, il y a effectivement des motifs de satisfaction quant au niveau de mobilisation et à la volonté encore intacte des togolais pour continuer à exiger d’une part de départ de Faure Gnassingbé et l’alternance politique, d’autre part la transformation en profondeur de la société togolaise.

Le fait que les manifestations se soient déroulées dans 17 villes, selon les organisateurs, en dit long sur la profondeur du mouvement de contestation et surtout sur sa généralisation sur l’ensemble du territoire et pas seulement dans une partie du pays.

L’enjeu politique du moment est bien celui-là et Faure Gnassingbé et le RPT/UNIR doivent aujourd’hui faire face à plusieurs fronts, ce qui les a jusqu’à présent singulièrement désarçonnés !

Quelle était la situation jusqu’à ce jour ?

  • Jusqu’à présent il y avait le pouvoir du RPT/UNIR et ses représentants dont le premier d’entre eux Faure Gnassingbé, avec en face une opposition aux contours plus ou moins définis, avec un Chef de File de l’opposition quasiment institutionnalisé, en tout cas dans les textes officiels.
  • Mais depuis le mois d’août 2017, l’irruption subite sur la scène politique du PNP de Tikpi Atchadam, qui à partir du centre du pays et contre toute attente fut capable de mobiliser des dizaines de milliers de manifestants à travers le pays a ouvert un deuxième front.
  • Ce deuxième front a permis d’élargir très largement considérablement la coalition des forces politiques et le mouvement de contestation a subitement perdu le caractère unilatéral qui le caractérisait depuis des années, essentiellement concentré au sud du pays, pour s’élargir sur l’ensemble du territoire. Et ça c’est une donnée nouvelle qu’il faut prendre en compte dans les analyses.
  • Mieux encore ce mouvement a pris racine dans la région de Sokodé, au centre du pays, réputée acquise depuis toujours à la dynastie Gnassingbé et au RPT/UNIR.

Ce mouvement en profondeur traverse la société togolaise depuis de nombreuses années maintenant, et pas seulement depuis le mois d’août 2017. Au-delà d’un ras-le-bol légitime, eu égard à la condition misérable qui est faite à des millions de compatriotes, il exprime surtout les contradictions profondes d’une société dans laquelle tout est réservé à une minorité pendant que l’immense majorité des citoyens n’en peut plus de végéter sans perspective de pouvoir se sortir un jour de la situation de pauvreté qui écrase la majorité de la population.

Mais jusqu’à présent, le pouvoir RPT/UNIR et Faure Gnassingbé, se croyant éternels sans doute à la direction des affaires du pays, parce que soutenus par la frange radicale non-républicaine des forces armées togolaises (FAT), ont toujours opposé une fin de non-recevoir à la moindre avancée de la démocratie.

Pourquoi ? Justement parce que toute avancée démocratique conduirait de facto, d’une part à la vérité des urnes dans les élections susceptibles de déclencher un phénomène d’alternance, et d’autre part également à la vérité des comptes publics, susceptible elle, d’entrainer une manière de gouverner qui se livre à une redistribution plus équitable de la richesse nationale pour faire reculer la pauvreté.

Voilà à mes yeux les véritables raisons qui sous-tendent la détermination du peuple que vous avez-vous-même relevée. Et la question du retour à la Constitution de 1992qui constituait le seul mot d’ordre politique de ces trois journées éclaire bien cette perception populaire.

Car dans le contexte actuel le retour à la Constitution de 1992, constituerait les prémices du départ de Faure Gnassingbé, donc la possibilité d’un début de processus conduisant à la transformation de la société togolaise. Parce qu’il va falloir quand même la transformer en profondeur. Une fois  que Faure Gnassingbé sera parti, il y a un travail, un chantier immense qui nous attend. Donc tout simplement, le retour à la constitution de 1992 sonnerait le glas de la dynastie de type monarchique du clan Gnassingbé.

Le peuple togolais sent aujourd’hui que cette perspective est à portée de main, et c’est pour cela que le cadre contestataire s’est d’une part élargi et d’autre part perdure dans le temps, malgré la dureté de la répression qui s’abat aujourd’hui sur le peuple togolais.

S.A : Par contre Cette semaine À Bafilo, Sokodé au Nord la foule a été dispersée et s’en sont suivies  des répressions sanglantes. Comment interprétez-vous la situation d’État de siège surtout à Sokodé et Bafilo?

F.F : J’ai déjà indiqué que le mouvement actuel a pris racine dans la région de Sokodé, au centre du pays, réputée depuis toujours acquise à la dynastie Gnassingbé et au RPT/UNIR. Vous avez parlé de Bafilo et Sokodé mais vous auriez pu tout aussi bien rajouter Mango, ou un jeune enfant de neuf ans a trouvé la mort le 21 septembre, mais aussi à Dapaong en 2016 où des violences des forces de l’ordre avaient également entrainé des morts, etc…

Le problème vient de loin. Progressivement le RPT/UNIR du fils – qui n’a plus rien à voir avec le RPT que le père avait créé de toutes pièces voici 48 ans le 30 novembre 1969, dans quelques jours ce sera l’anniversaire, suite à l’appel historique lancé à Kpalimé le 30 août 1969 -, a perdu des positions y compris dans le Nord du Togo terre d’influence traditionnelle.

Et il a perdu des positions parce que les populations – en particulier cette jeunesse à laquelle on ne peut plus aujourd’hui raconter de balivernes comme ce fut le cas durant des dizaines d’années -, ont tout simplement progressivement pris conscience des limites de ce régime népotique et quasi dictatorial, je n’ai pas peur des mots, et de l’impasse dans laquelle le statu quo les maintiendrait eux les jeunes de ce pays.

Alors oui vous avez raison selon les informations qui nous parviennent du terrain, la région centrale, celle de la Kara et des Savanes et les villes que nous venons d’évoquer sont quasiment en état de siège.

Et si à Sokodé et Bafilo n’ont pu manifester au cours de ces trois jours, parce que ces deux villes ont été assiégées par des militaires déployés en grand nombre et qui empêchaient tout rassemblement, l’argument avancé par le ministre de la Sécurité, Yark Damehame, selon lequel ne peut permettre de manifester dans ces villes tant qu’il y a des armes arrachées aux forces de l’ordre qui sont encore dans la nature, ne tient pas la route quand on connait les capacités que sont capables de déployer les forces armées togolaises en face de quelques manifestants éventuellement armés !

Je rappelle qu’au-delà des victimes, devant lesquelles nous avons le devoir de nous incliner avec respect et humilité, il y a des milliers d’exilés, notamment au Ghana et peut-être aussi au Bénin.

Cela me rappelle étrangement la situation dont j’ai été le témoin direct en 2005, lors de l’arrivée au pouvoir de Faure Gnassingbé, à la suite d’élections qui avaient bafoué le suffrage universel et la vérité des urnes.

Certes nous ne sommes pas au niveau des événements de 2005, tant pour le nombre de morts et victimes civiles (plus de 800 morts selon un rapport de l’ONU à l’époque) que pour celui des exilés, des dizaines de milliers de Togolais qui en 2005 ont fui le Togo vers le Ghana et le Bénin.

Mais pour qui a vécu 2005 ce qui est caractéristique aujourd’hui en 2017 dans la similitude des situations c’est les méthodes employées par le pouvoir de Faure Gnassingbé et le RPT/UNIR, avec l’utilisation d’une partie des forces armées togolaises à des véritables opérations de nettoyage, et aussi à la réactivation de milices civiles, pour lesquelles il ne faut pas chercher bien loin pour comprendre les  intérêts de quelles personnes et de quels commanditaires elles servent.

Cela préfigure peut-être le fait que Faure Gnassingbé qui est arrivé au pouvoir en 2005 en provoquant un bain de sang et un chaos politique dont il porte l’entière responsabilité, pourrait en 2017 être amené à quitter le pouvoir hélas dans les mêmes conditions de violence aveugle.

Et la déclaration de ce samedi matin 11 novembre 2017 devant les militaires du camp de Témédja assimile les manifestations à un danger terroriste.

Mais chacun aura compris que la violence en 2017 est le fait d’un pouvoir faible, contrairement aux apparences qu’il tente de donner.

S.A : Le président Gnassingbé s’est adressé hier aux Forces armées togolaises au camp de Témédja mais avant écoutons-le. Vous avez écouté Faure Gnassingbé qui s’adressait hier aux FAT au camp de Témédja à Kara, alors comment appréciez-vous les propos de Faure Gnassingbé selon lesquels les organisateurs des manifestations sont responsables des victimes que les participants ont faits et les dégâts qui sont causés. Alors en bref, Faure Gnassingbé répond indirectement à la coalition de 14 partis d’opposition, concernant la mort de l’enfant tué à Mango comme celui d’autres victimes !

F.F : A mes yeux, la chose est claire. Le monsieur que nous venons d’entendre, c’est tout sauf un président de la république digne de ce nom. Je fais remarquer à tous les amis togolais qui vont nous écouter que pour adresser un message à la nation il est allé s’abriter derrière les militaires du camp de Témédja, mais il n’est pas allé par exemple à Bafilo, auprès de la famille de ce gosse de 9 ans qui a été tué par ces mêmes militaires et pour adresser un message à la nation.

Donc, ce message à la nation, il le discrédite au moment même où il est diffusé sur les ondes, parce qu’il est allé s’abriter derrière la force armée ce message, premièrement !

Deuxièmement, il faut bien écouter ce qu’il a dit, cette déclaration, qui assimile les manifestations à un danger terroriste en dit long sur la volonté d’amalgame de Faure Gnassingbé et de RPT/UNIR pour discréditer le mouvement de contestation.

Troisièmement, je demande à tous nos camarades sur le terrain là-bas de le prendre au mot. Il a dit qu’il allait vouloir rechercher tous les responsables, les auteurs d’exactions et les punir. Eh bien, prenons-le au mot, qu’il les recherche d’accord, qu’il les punisse d’accord, mais à ce moment-là il faut qu’il recherche au sein des forces armées togolaises ceux qui se sont livrés aussi à des exactions et à de véritables assassinats, il y a  quand même au moins vingt-quatre morts à l’heure où nous parlons, ça c’est le premier point, et aussi il faudra qu’il les cherche, qu’il les trouve et qu’il les punisse  au sein des milices qui sont à sa solde et qui sillonnent aujourd’hui toutes les régions du Togo. Je parle bien des milices civiles.

En plus je vais vous donner une information que j’ai eue tout à l’heure, c’est qu’après ce discours, au lieu de rester au Togo compte tenu de l’urgence de la situation, eh bien il n’a rien trouvé de mieux à faire que de s’envoler pour Milan en Italie, pour aller faire on ne sait quoi ?

Et ce type-là se dit président de la République ? C’est un véritable scandale ! Je vous prie d’excuser mon indignation exprimée de la sorte, mais c’est ce que cela m’inspire vis-à-vis de millions de gens qui souffrent dans le pays ! Voilà ce que je voulais dire !

S.A : Lors de ces manifestations ou des militaires ont été tués, tout à l’heure Moussa Issoufou l’évoquait, la condition dans laquelle ces militaires ont été tués, pourrait-on dire parce qu’il y a mort de militaires que c’est la raison pour laquelle Faure Gnassingbé a adressé ce message ? Cela peut s’expliquer ce message à l’armée togolaise considérée pendant longtemps comme un atout de poids dans la gestion du pouvoir ?

FF : Moussa a parfaitement raison. Je partage le point de vue qu’il vient d’émettre et en plus je dirai mieux Moussa !

C’est que le jour où l’on va pouvoir envoyer cet homme devant la Cour Pénale Internationale, on va faire la lumière sur bien des aspects de sa gouvernance et depuis 2005 jusqu’au jour où il aura quitté le pouvoir. Ne vous inquiétez-pas on arrivera à l’envoyer à la Cour Pénale Internationale.

Mais au-delà de cela qu’est-ce qu’est allé faire Faure à Témédja, il est allé resserrer les rangs parce que je pense personnellement et je fais plus que penser parce que j’ai quelques échos qui me parviennent du pays, que l’armée n’est pas aujourd’hui un corps homogène, c’est pour cela que j’ai bien pris soin de parler tout à l’heure de frange radicale non-républicaine des forces armées togolaises (FAT), et de préciser aussi qu’il y avait une partie de l’armée qui elle était républicaine.

Mais ces non-républicains c’est une peste, et il est allé resserrer les rangs de ceux-là pour faire impression sur les autres parce que l’armée n’est pas un corps homogène, et il est allé surtout allé chercher là-bas- le soutien éventuel à une crise qui pourrait-être beaucoup plus grave.

Cet épisode du discours de Témédja hier est significatif du fait qu’il est prêt à aller aussi loin qu’ils étaient allés en 2005. Il faut être conscient de ça. Et à partir du moment où l’on est conscient de ça – il faut s’attendre à un carnage total au Togo encore une fois ? – ce n’est pas exclu et ils sont prêts à le faire s’ils le peuvent.

Alors à ce moment-là oui, il va falloir faire feu de tout bois. Quand j’ai dit faire feu de tout bois je ne parle pas de violence, mais il y a quand même quelques-uns qu’il va falloir alerter sur la gravité de la situation au Togo et sur le risque que prennent certains apprentis-sorciers y compris que ce soit dans la sous-région ou au plan international.

Continuer à soutenir ce type de manière inconditionnelle ça implique de lourdes responsabilités !

S.A : Comment interpréter dans le contexte politique actuel l’information publiée par le site spécialisé d’information de défense militaire Jane’s 360 Selon laquelle la France serait sur le point de vendre six hélicoptères de combat au Togo ?

FF : Vous avez raison j’ai vérifié cette information la semaine dernière. Effectivement, le site Jane’s 360 qui est spécialisé d’information de défense militaire  a publié le  4 octobre un article « L’obtention des Gazelle togolaises avance », sous la signature d’Erwan de Cherisey, dans lequel il est dit  que : «  Le gel sur l’obtention du Togo de cinq anciens hélicoptères Gazelle de type SA342 est reconsidéré, selon une source industrielle ayant connaissance de l’accord.

La source précise que le nouveau gouvernement français du Président Emmanuel Macron aurait passé en revue le projet et qu’il y aurait maintenant des perspectives fortes pour cela pour que la livraison puisse être approuvée dans un bref délai.

Le site relève également que le magazine français Jeune Afrique a rapporté en mai que les 20 millions d’euros du montant de l’accord avaient été approuvés par la Commission Interministérielle française sur les exportations d’armes, mais que l’exportation effectivement vous l’avez-dit avait été bloquée par le Ministère des Affaires étrangères français, Le Drian en l’occurrence,  en raison des préoccupations selon lesquelles les hélicoptères pourraient être utilisés contre des adversaires politiques ou des manifestants.

J’ai repris les termes du motif du blocage à l’époque, c’était au mois de juin, c’est quand même un peu fort de café que la France envisage de les livrer alors que justement nous sommes en pleine répression d’adversaires politiques ou de manifestants.

Je rappelle que ce contrat porte sur la vente et l’entretien de cinq appareils, la formation initiale d’une quinzaine de pilotes et de mécaniciens togolais sur plusieurs sites français. D’un montant initial de 20 millions d’euros (23 millions de dollars US), les appareils sont des hélicoptères de type Gazelle SA342 de construction française, équipés de caméras embarquées avec vision thermique.

Je me souviens que vous m’avez déjà interrogé au mois de juin sur cette question précisément et que mon analyse à l’époque avait été la suivante : « La question n’est donc pas de savoir selon la question que se pose l’un de nos confrères, puisque c’est un de vos confrères qui à l’époque se posait la question, si « L’achat d’hélicoptères du Togo auprès de la France sera effectif ? » mais plutôt disais-jequand ils seront livrés ?

En conséquence et sans préjuger de la suite qui sera définitivement donnée par la France à cette affaire, il semble que les faits aient tendance à confirmer ma prédiction.

SA : Faut-il interpréter cela comme un soutien implicite de la France et de son président M. Macron à Faure Gnassingbé ?

FF : Je ne mâche pas mes mots et j’essaie de parler un langage de vérité. Il est clair que dans le contexte politique que nous venons de décrypter ensemble avec vos invités, avec Moussa et avec votre précédent invité, si la France effectue la livraison, ce serait à mes yeux une véritable provocation à l’égard du peuple togolais, surtout quand on constate actuellement la barbarie dont font preuve certains éléments des forces armées togolaiseset les milices à la solde du RPT/UNIR et de Faure Gnassingbé.

De là à prédire si dans le contexte actuel le président français Macron franchira le pas je ne m’y hasarderai pas, parce qu’il fait tout et son contraire de ce qu’il a promis. Mais il semble tellement avoir emboité les pas de va-te-en guerre de son prédécesseur et mentor François Hollande que rien ne m’étonnerait.

Il faut quand même que les togolais sachent qu’un tel président, je parle d’Emmanuel Macron, qui qualifie en France les manifestants de « gens qui foutent le bordel », textuellement je répète il qualifie les manifestants entre guillemets de « gens qui foutent le bordel », doit très peu se soucier du sort de millions de togolais qui croupissent depuis un demi-siècle sous la dictature des Gnassingbé.

S.A : La crise togolaise s’aggrave et interpelle la communauté internationale, d’abord la Cedeao dont fait partie le Togo et Faure Gnassingbé est l’actuel président en e exercice. La Cedeao par la voix d’Alassane Ouattara propose que les réformes réclamées passent par voie de négociation. Mais le Togo a déjà connu 25 dialogues par le passé et la crise demeure. Votre lecture de la situation ?

FF : Votre question contient en elle-même sa réponse !

Sans vouloir jouer les oiseaux de mauvais augure, que peut-on sincèrement attendre en 2017 de la part du RPT/UNIR et de Faure Gnassingbé ? Vous l’avez dit vous-même après 25 dialogues par le passé nous en sommes toujours au même point.

Et non seulement comme vous le dites la crise demeure, mais je rajouterai qu’elle s’exacerbe aujourd’hui et surtout qu’elle prend une mauvaise tournure. Car en effet quand jour après jour la liste des morts et des blessés ne cesse de s’allonger, et je rajouterai, des exilés, c’est que nous sommes sur une très mauvaise pente et bien malin celui qui peut en prédire l’issue ?

Et surtout plus la liste des victimes va s’allonger et plus les possibilités d’une véritable négociation s’amenuisent.

Par ailleurs je voudrais insister sur la question de la sémantique employée. Il y a effectivement une différence qui n’est pas anodine entre dialogue et négociation.

Si A. Ouattara qui est arrivé au pouvoir en Côte-d’Ivoire, ne l’oublions pas là-aussi, dans les valises de la Force Licorne de Sarkozy et avec la bénédiction de l’ONU, a l’issue d’un processus politique pour le moins bancal, propose de négocier, c’est qu’il se situe déjà très au-delà de la question du dialogue.

Avec Faure Gnassingbé et le RPT/UNIR on peut dialoguer à l’infini, ad vitam aeternam, en buvant le sodabi au besoin ensemble, en parlant de tout et de rien sans jamais parvenir à avancer. Vous l’avez rappelé 25 dialogues pour rien sinon pour maintenir le statu quo.

Car aujourd’hui l’heure n’est plus au dialogue ! Faure Gnassingbé et le RPT/UNIR ont de ce point laissé passer leur chance en s’obstinant depuis 2006 à refuser l’application d’un Accord Politique Global qu’ils avaient signé.

S.A.François Fabregat vous dites que l’heure n’est plus au dialogue, mais l’opposition, disons la coalition, est prête à aller au dialogue, mais pas n’importe quel dialogue, si l’on peut pas dialoguer il y a quoi comme solution ? –, non, non, pour moi ce n’est pas dialogue, je prends au mot la proposition de Ouattara, ce n’est pas dialoguer qu’il faut faire avec ce pouvoir c’est négocier. C’est négocier les conditions du retour à la constitution de 1992 et les conditions du départ de Faure Gnassingbé. Ça, ça s’appelle de la négociation ce n’est plus du dialogue.

Alors négocier oui mais quoi ?  Je viens de le dire !

Faure Gnassingbé et le RPT/UNIR s’ils sont prêts à entrainer la coalition des forces politiques d’alternance dans série d’entretiens pour faire durer le temps à leur avantage, sont-ils prêts à votre avis pour parvenir à un accord, pour conclure une solution politique crédible et surtout mettre fin au différend qui les oppose à l’immense majorité du peuple togolais aujourd’hui ?

Sans faire de procès d’intention préalable, le moins que l’on puisse constater au vue de leurs agissements et de leurs pratiques antérieures, au RPT/UNIR et à Faure, c’est que depuis 12 ans la confiance s’est singulièrement émoussée. Je dis bien la confiance.  Si d’ailleurs il y a pu y avoir un jour confiance entre le peuple du Togo et un pouvoir dynastique dont la caractéristique essentielle est d’avoir toujours renié ses engagements.

En clair : en 2017 Faure Gnassingbé qui a laissé passer tant d’occasions est–il en mesure de négocier quoi que ce soit ?

Par ailleurs, j’insiste bien à l’intention de nos amis sur le terrain là-bas et qui se battent pied à pied comme le faisait remarquer Moussa tout à l’heure, à la différence de tout ce qui s’est fait antérieurement, si négociation il doit y avoir, c’est à Lomé qu’elle doit se dérouler et aucunement dans une quelconque capitale étrangère en Afrique de l’Ouest ou ailleurs.

Pourquoi à Lomé ? Cette question me parait en effet essentielle et cruciale !

Tout simplement parce que si la négociation se déroule à Lomé, elle va se faire sous les yeux du peuple Togolais, qui n’a besoin d’aucun intermédiaire international, et que ce peuple togolais puisse surveiller en temps réel l’avancée des négociations qui ont lieu en son nom, et le cas échéant pouvoir rappeler à ses représentants qui iront négocier, en direct et sans filtre déformant de quelque nature que ce soit, ce justement pour quoi ces représentants ont été mandatés.

En conséquence en l’absence de négociation, maintien du plus haut niveau de mobilisation !

Mais négocier à Lomé est à mes yeux crucial et capital. Je dis bien négocier et pas dialoguer !

S.A : Moi je vais vous relancer sur le rôle que joue la communauté internationale. Alors là on l’a vu, sous pression internationale le gouvernement avait levé l’interdiction de manifester en semaine, ça on l’a vu, alors la communauté internationale, notamment la Cedeao demande encore de négocier, demande d’aller encore au dialogue, mais quand on revient au niveau de l’union européenne, notamment en parlant de la France, la France c’est l’ancien colon du Togo, alors la France s’apprête à vendre ses hélicoptères au Togo. Pensez-vous que la communauté internationale est en train de rouler dans la farine le peuple togolais ?

FF : Justement vous avez raison d’insister là-dessus, c’est une excellente question que vous posez qui traite de la question de fond.

Si j’ai une chose à dire à tous les amis que j’ai au Togo et à ces millions de gens qui se battent et continuent de se battre avec détermination, n’attendez pas grand-chose de la communauté internationale.

Pourquoi je dis cela ? Il peut y avoir des grandes voix de la communauté internationale qui se lèvent pour soutenir la lutte du peuple togolais, ou du moins exiger qu’elle se passe dans les meilleures conditions cette lutte. Mais ces voix-là ne seront certainement pas celles des dirigeants de la communauté internationale. Donc moi je dis au peuple togolais et à tous les togolais qui se battent : d’abord nous ne pouvons compter que sur nous-mêmes.

Alors vous pouvez compter sur les relais de la diaspora, par exemple de l’excellent travail que fait la Diaspora Togolaise Indépendante (DTI), je dis bien la Diaspora Togolaise Indépendante, la diaspora fait un travail remarquable à l’extérieur justement pour attirer l’attention et développer non-seulement un sentiment de sympathie, mais de la solidarité active avec le peuple du Togo.

Sincèrement, la manifestation qui s’est déroulée à Paris le 30 septembre, c’est du jamais vu pour une manifestation européenne de la diaspora togolaise – mais François Fabregat l’Elysée n’a pas répondu face à ces milliers de togolais qui ont manifesté à Paris ? – vous savez ce que disait De Gaulle ? – Allez-y ! – « La France n’a pas d’amis elle n’a que des intérêts », d’accord ?

Eh bien tous les présidents de la République du monde entier, ils n’ont pas d’amis quand ils sont au pouvoir, ils ont des intérêts. La France a encore des intérêts au Togo, comme ont des intérêts ailleurs, les Etats-Unis, et bien d’autres pays, l’Allemagne…, et l’ensemble des pays qui composent la communauté internationale, je parle des grands pays qui pèsent économiquement et qui ont de l’influence.

Donc je veux dire que là-dessus attendre quoi que ce soit de positif…, Macron, à mes yeux à part un petit communiqué de deux phrases du Ministère des Affaires étrangères…. Le Ministère des Affaires étrangères  a fait une recommandation il y a environ trois semaines là-dessus, en disant qu’il fallait que ce soit le dialogue, d’accord, ok. Jamais il n’y a eu une condamnation des violences et quand on sait, je parle des violences du pouvoir et des forces armées, qu’il y a des preuves aujourd’hui, il y a des vidéos qui circulent et on voit comment ces gens-là font, donc il n’y a pas besoin d’interroger une commission d’enquête, les vidéos elles parlent d’elles-mêmes.

Aujourd’hui on n’est pas comme cinquante ans en arrière, ou il fallait attendre la confirmation d’un certain nombre de choses, Aujourd’hui c’est en direct que cela se produit sous les yeux. Donc moi je n’ai jamais vu une condamnation du président français de ce qui se passe aujourd’hui au Togo. Je n’ai pas vu davantage de condamnation de la part de Trump, des Etats-Unis, je n’ai pas vu davantage de condamnation de la part de  l’Allemagne qui est aussi, ne l’oublions pas, le premier colonisateur du Togo, avant que la France ne prenne le relais à l’issue des accords au moment de la 1ère guerre mondiale.

Donc je n’ai pas entendu ces gens-là, je n’ai pas entendu d’autres dirigeants européens et encore moins la Commission européenne, l’Union européenne, ni le parlement européen intervenir aujourd’hui pour donner ne serait-ce que leur opinion et faire l’analyse de ce qui se passe au Togo.

C’est pour cela que je répète encore une fois, au regard de cette force d’inertie qui semble s’installer, je pense que nous devons d’abord compter sur nous-mêmes avant de compter sur un quelconque soutien des  autres.

Parce que de vous à moi ; c’est mon analyse, elle n’engage que moi ; le chef d’état étranger qui sera capable de dire à Faure Gnassingbé, maintenant ça suffit, tu as assez fait, il faut que tu envisages, au moins que tu arrêtes les violences ou que tu partes, il n’est pas encore né !

S.A : François Fabregat sur le rôle que joue la communauté internationale j’ai pas mal de questions j’ai un auditeur qui dit bravo François Fabregat vous avez décrit ce que vit le Togo, on sent que vous êtes presque togolais, vous nous avez impressionné c’est ce que dit l’auditeur, mais il dit, voilà que vous êtes français, la  France s’apprête à vendre des hélicoptères au gouvernement togolais est-ce qu’on tend encore vers des milliers de morts qui seront tués au Togo ? Alors que dit alors le peuple français ? c’est sa question !

FF : Vous connaissez le monde tel qu’il est aujourd’hui. Malheureusement je vais vous donner un exemple simple : vous avez trois morts dans un attentat aux Etats-Unis, je parle de la France là, vous allez avoir les sites d’information qui vont vous en parler pendant une semaine, le même jour vous aviez trois cents morts en Ethiopie ou au Soudan je ne me souviens plus, excusez-moi mais il y a eu un attentat très sanglant qui a fait trois-cents morts, ça a fait exactement dix secondes dans le journal télévisé. Vous voyez le niveau de compassion, malheureusement il faudrait qu’il y ait encore plus de victimes et l’équivalent de ce qui s‘est passé en 2005 pour que peut-être la communauté s’émeuve.

Donc c’est là ou intervient le travail des diasporas justement dans les réseaux d’influence pour faire connaitre une situation que la majorité aujourd’hui du peuple français ne connait pas. Parce qu’il ne faut pas compter sur les grands moyens d’information pour nous parler de la situation au Togo. Il faut compter sur les relais que nous constituons et qui faisons diffuser l’information dans les endroits qui comptent au niveau de l’influence et de l’opinion. Voilà comment les choses se passent.

Aujourd’hui personne n’est sensibilisé, à part quelques personnes évidemment et les gens de la diaspora, personne n’est sensibilisé à la situation que vit le Togo.

Alors je ne dis pas qu’il faut qu’il y ait des morts, surtout pas, mais ce que je veux dire en insistant encore une fois c’est sur le rôle positif des diasporas et notamment de la Diaspora Togolaise Indépendante qui s’est démarquée de ce pouvoir qui nous écrase depuis tant d’années, et là faire le travail de relais d’opinion et de diffusion de l’information en temps réel.

Moi c’est ce que je fais. Dès que vous m’envoyez une information par WhatsApp, je la diffuse immédiatement et quand j’en reçois d’autres je vous les diffuse et ainsi de suite… Il faut faire ce travail et c’est comme cela que nous sensibiliserons les opinions.

S.A : Selon les questions que m’envoient les auditeurs certains  observateurs sur le plan international estiment ou disent ou que l’opposition ou le peuple sont dans l’illégalité en demandant la démission de Faure Gnassingbé car selon ces observateurs puisque Faure Gnassingbé a été élu il doit rester jusqu’à la fin de son mandat. Qu’elle est votre réaction ?

FF : Qui est dans l’illégalité ? Ceux qui réclament la démission de Faure Gnassingbé ?, ou ceux qui ont usurpé, qui ont fait un coup d’état en 2005 ?, qui ont modifié la constitution de  1992 avant 2005 ?, pour permettre à son père à Faure Gnassingbé de pouvoir se représenter éternellement, ou à ceux qui ont fait le coup d’état en 2005 ?

Parce que les gens-là qui me parlent de légalité, ils ont la mémoire courte ! Ils ont la mémoire courte ces gens-là. Je vais leur rappeler, parce que j’étais au Togo en 2005 comment les choses se sont passées. Quand Eyadema est décédé dans l’avion qui le conduisait en Israel pour y recevoir des soins et qu’ils ont fait demi-tour-au-dessus de la Tunisie, le lendemain même, le lendemain-même, les gens des forces armées togolaises se sont réunis et ils ont investi Faure Gnassingbé. Ils ont fait un coup d’état ces gens-là ! D’accord ?

Ils ont fait un coup d’état, en empêchant Natchaba qui était président de l’Assemblée nationale [de l’époque en le bloquant au Bénin pour l’empêcher  d’assurer l’intérim de la présidence de la République, le temps que soient organisées les élections présidentielles, ils ont fait un coup d’état.

Et c’est parce que à ce moment-là la communauté  internationale s’est un peu mobilisée, mais il n’y avait pas à l’époque les mêmes chefs d’état au pouvoir que ceux d’aujourd’hui, qu’ils sont revenus en arrière et qu’ils ont organisé les élections du mois d’avril 2005, dans les conditions  que l’on sait, avec les résultats dramatiques qui s’en sont suivi après.

Alors ceux qui viennent aujourd’hui nous parler de légalité, ils feraient mieux de balayer devant leur porte et la légalité il faut savoir où elle se situe.

Si la constitution de 1992, n’avait pas été je ne vais apas dire tripatouillée, mais fait l’objet d’un coup d’état institutionnel à l’époque, Faure Gnassingbé ne serait déjà plus au pouvoir et on ne réclamerait pas son départ. Il aurait fini ses deux mandats et il serait parti depuis 2015. Voilà ce que j’ai à répondre à ces gens qui parlent de la légalité ou de l’illégalité de demander la démission de Faure Gnassingbé.

J’espère que ma réponse a été claire parce qu’il y a des gens à qui il faut faire des rappels historiques parce que la mémoire s’efface vite…!

S.A : François Fabregat, vous qui avez vécu au Togo pendant au moins six années surement avez approché vous également la société civile au Togo. On ne sent pas la société civile togolaise au-devant de cette lutte, quelle est votre réaction là-dessus ?

FF : Sur la société civile je viens d’entendre la réaction de Moussa, je la partage complètement. Je vais rajouter quelque chose à ce que vient de dire Moussa. C’est pour cela que nous essayons chaque fois que nous faisons une analyse de la situation de distinguer les choses. Il en va de la société civile de la même manière que de la diaspora.

C’est pour cela que j’ai parlé à plusieurs reprises tout à l’heure de diaspora togolaise indépendante – indépendante -   indépendante on est bien d’accord, et que nous n’oublions jamais de dire qu’il y a une diaspora togolaise alignée, alignée sur le régime de Faure Gnassingbé. Pareil, de la même manière pour la société civile. Vous avez une société civile indépendante et vous avez aussi une société civile alignée. Ce qu’a décrit Moussa avec une très grande clarté !

Vous savez comment on appelait cela du temps d’Eyadema, comment ça s’appelait ?, ça s’appelait les ailes marchantes du RPT. Oui, oui, les ailes marchantes, c’était des gens qui étaient à côté, mais qui faisaient le boulot pour ramasser du monde voyez. Ça, ça n’a pas changé, c’est des satellites du RPT, ni plus ni moins.

A partir du moment où ces gens-là vous les mettez à l’épreuve du feu, c’est-à-dire quand je dis les mettre à l’épreuve du feu, c’est à l’épreuve des réalités concrètes, quand vous commencez à leur demander des actes concrets, vous les voyez fuir, car effectivement c’est des gens qui souvent sont monnayés, il ne faut pas avoir peur de dire ces choses-là car c’est une réalité. Vous savez que ce pouvoir, il a un pouvoir de nuisance terrible le pouvoir RPT/UNIR. Il n’hésite pas à utiliser des sommes d’argent pour ramener des gens à leur cause. C’est bien connu ! Pour qui a été au Togo, on en a été témoins ! Et on en est encore témoins ! Donc ce que je veux dire par-là c’est que sur la société civile, il faut savoir, pour employer une phrase savante, savoir distinguer le bon grain de l’ivraie. Mais ça c’est facile, parce que quand on met ces gens-là au pied du mur à l’épreuve du feu, ils s’en vont comme une volée de moineaux.

S.A :   François Fabregat contre vents et marées le pouvoir togolais de Faure Gnassingbé avance vers un référendum, parce que ils ont installé la CENI, alors dira-t-on que « les chiens aboient et la caravane passe » c’est le dicton, et que direz-vous pour conclure ce débat sur la situation politique au Togo qui devient très très alarmante?

FF : Vous avez raison le dicton dit que « les chiens aboient et la caravane passe ».

Ce que je voudrais dire aux togolais, aux millions de togolais qui sont en lutte aujourd’hui de manière déterminée, togolais au Togo et dans la diaspora, parce que la diaspora se bat et il y a une diaspora indépendante qui se bat, c’est que ils sont peut-être en vue de la ligne d’arrivée du marathon démocratique ; je dis bien du marathon démocratique ; qu’ils ont commencé en 2010, je dis bien en 2010, lors de la première réélection de Faure Gnassingbé.

Eh bien, peut-être qu’ils sont au bout de ce marathon démocratique et que la ligne d’arrivée est en vue ce coup-ci, parce que nous ne sommes plus dans les mêmes conditions aujourd’hui. Alors le mot de résistance qu’a employé Moussa est très important, et c’est bien d’une résistance-marathon, pour amalgamer les deux termes, en face de laquelle nous sommes aujourd’hui.

Ne vous découragez pas, ne vous laissez pas intimider, prenez les dispositions pour éviter la soldatesque de Faure Gnassingbé autant que vous pouvez le faire et abritez-vous, mais continuez cette bataille démocratique que vous menez parce que vous êtes la fierté de l’Afrique, vous êtes la fierté de l’Afrique de l’Ouest, et vous arriverez à vos fins.

Je partage le même optimisme que Moussa et je pense que nous ne sommes peut-être pas loin d’un dénouement et d’une issue favorables. Je voulais saluer Moussa, vous saluer Sylvain, vous remercier de nous avoir invités à ce dialogue et à ce débat et saluer tous les amis au Togo, qu’ils soient assurés de notre détermination, et que pas un jour ne passe, pas une heure, pas une minute ne passe, sans que nous assurions le relais pour faire savoir et populariser la lutte qu’ils mènent. FF.

François Fabregat

Samedi 11 novembre 2017

Share