icilome-logo21 décembre 2017

Moderateur : Albert KATE, Journaliste Icilome.com

Lien internet : http://www.icilome.com/leader/

Contribution de CVU-TOGO-DIASPORA :

Dr Yves Ekoué AMAÏZO, Coordonnateur général, Collectif pour la Vérité des Urnes – Togo – Diaspora

Contact : yeamaizo@cvu-togo-diaspora.org

Site Internet : www.cvu-togo-diaspora.org

 

Résumé icilome.com : Le dialogue inter-togolais se tiendra dans les prochains jours.

Selon vous :

  1. quelle doit être la priorité des priorités sur la liste des sujets qui vous tiennent à cœur ?
  2. si les discussions se passent bien, que pourriez-vous prédire à la suite dialogue ?
  3. s’il faut citer une chose que vous souhaitez voir être accomplie d’ici la fin de ce dialogue, qu’est-ce que cela serait ?

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Question 1 : IciLome.com :

Quelle doit être la priorité des priorités sur la liste des sujets qui vous tiennent à cœur ?

Réponse à la question 1 par le Dr Y. E. Amaïzo :

Je tiens au nom des membres du Collectif pour la Vérité des Urnes-Togo-Diaspora à remercier IciLomé et l’ensemble de ses collaborateurs pour l’initiative d’associer la population et certains leaders d’opinions et d’influence à cet échange original.

Cela étant dit, la question me semble mal posée car lorsqu’il s’agit de traiter du cas Togo, la priorité des priorités pour le CVU-TOGO-DIASPORA est de trouver les conditions de sécurité, de transparence et d’équité dans le processus qui doit conduire à la vérité des urnes et à la vérité des comptes au Togo. Autrement dit, la priorité des priorités est que ceux qui sont au pouvoir et qui ont :

1.   refusé d’honorer leur engagement inscrit dans l’accord politique global (APG) de 2006 (accepté par les représentants du pouvoir de Faure Gnassingbé et ceux de l’opposition de l’époque) ;

2.   refusé de mettre en œuvre de manière proactive les recommandations du rapport de la Commission Vérité, Justice et Réconciliation (CVJR) de 2012 ;

portent l’essentiel de la responsabilité de la crise multiforme togolaise (électorale, constitutionnelle, institutionnelle, politique, militaire, sociale, culturelle, et psychologique).

La priorité des priorités pour le Peuple togolais n’est pas différente des préoccupations de CVU-TOGO-DIASPORA même si :

  • une cristallisation s’est faite sur le retour à la Constitution de 1992 avec des négociations sur les conditions de sa mise en œuvre immédiate ou négociable ;
  • le vote de la Diaspora togolaise (plus de 2 millions de personnes concernées) ; et
  • les réformes électorales et institutionnelles nécessaires pour une alternance pacifique, contrôlée par le Peuple togolais et reflétant la vérité des urnes.

La crise togolaise ne peut s’expliquer sans les interférences liées à des acteurs puissants du secteur privé comme du secteur public, adeptes de la post-colonie et contrôlant une partie importante des ressources du Togo grâce à des relations d’affaires avec des affidés du pouvoir. En effet, les intérêts de ces derniers se sont confondus avec ceux qui contrôlent le pouvoir au Togo et sont trop souvent contraires aux intérêts des populations togolaises.

Réduire tout ceci à l’identification d’une priorité des priorités revient en fait à considérer hiérarchiser les problèmes au point de ne traiter que certains et laisser d’autres. Alors que tous ces sujets sont interdépendants et n’ont pas été analysés, ni même accordé un début de solution par le pouvoir RPT/UNIR.

Cette démarche consistant à sélectionner les sujets parmi des sujets interdépendants, -si elle devait se confirmer dans le cadre du dialogue inter-togolais-, serait un piège pour exclure par exemple le vote immédiat de la Diaspora des négociations. La priorité des priorités est la démission du Gouvernement de Komi Sélom Klassou afin de permettre une représentation équitable au Gouvernement des représentations des composantes de la population togolaise exclues, à savoir la coalition des 14 partis politiques, la Diaspora togolaise, la société civile togolaise et les militaires républicains. Le pourcentage de représentation devra faire l’objet d’une négociation. Ce n’est qu’à cette condition que le retour à la Constitution originelle de 1992 sera possible. A moins qu’un coup d’Etat pacifique ou non pacifique intervienne par surprise !

Question 2 : IciLome.com :

Si les discussions se passent bien, que pourriez-vous prédire à la suite dialogue ?

Réponse à la question 2 par le Dr Y. E. Amaïzo :

Attention, il ne s’agit pas de discussions mais bien de négociations entre le Peuple togolais et le pouvoir togolais par l’intermédiation de quelques représentants de ce Peuple, notamment la Coalition des 14 partis politiques. Nous considérons au sein de CVU-TOGO-DIASPORA mais plus largement au sein du réseau de la coordination de la Diaspora togolaise indépendante qu’il faudra tôt ou tard élargir le nombre de représentants du Peuple togolais dans ces négociations dénommées à tort « dialogue » ou « discussions ».  Les dialogues au Togo (plus de 26) ont débouché sur des échecs. Les discussions risquent de n’être que des séances d’informations des positions principales et invariables du Gouvernement de Faure Gnassingbé de se représenter en 2020 et d’avoir la possibilité de rester au pouvoir jusqu’en 2030 sur la base d’une nouvelle Constitution taillée pour lui.

Le Peuple togolais exige le retour à la Constitution originelle de 1992. A moins que les représentants du Peuple togolais ne respectent pas le mandat que le Peuple togolais leur a confié dans la rue, il est difficile sans l’annonce de la non-représentation de Faure Gnassingbé en 2020 de conclure aussi rapidement que les « discussions se passeront bien ». En réalité, si les revendications principales du Peuple togolais sont prises en compte lors des négociations, alors la suite logique serait la démission du Gouvernement de Komi Sélom Klassou remplacé par un Gouvernement de transition devant conduire à l’avènement de la Vérité des urnes au Togo, ce sur la base de la Constitution originelle de 1992. Le vote de la Diaspora et les réformes électorales, institutionnelles et économiques du Togo devrait permettre de restaurer la confiance entre le nouveau pouvoir et les populations.

Rien de sérieux et d’avantageux pour le Peuple togolais ne pourra sortir de ce que le pouvoir RPT/UNIR appelle « dialogue » et d’autres « discussion » si les rapports de force en présence ne sont pas fondamentalement changés. Les manifestations pacifiques de rue et le refus obstiné du Pouvoir RPT/UNIR de rencontrer officiellement et face à la caméra un groupe élargi de l’opposition indépendante (partis politiques, société civile togolaise et diaspora togolaise non alignée sur le pouvoir) ne militent pas en faveur de la prédiction. On n’est pas dans l’ésotérisme ou la divination, mais bien dans des négociations politiques. Il n’y a rien à prédire mais tout à négocier.

Question 3 : IciLome.com :

S’il faut citer une chose que vous souhaitez voir être accomplie d’ici la fin de ce dialogue, qu’est-ce que cela serait ?

Réponse à la question 3 par le Dr Y. E. Amaïzo :

La réponse est qu’il ne s’agit pas d’un dialogue mais bien d’une négociation et que ce dialogue ne peut aboutir quand le Gouvernement est juge et partie d’un processus où il a besoin de gagner du temps, d’acheter les consciences pour affaiblir la partie adverse et surtout de limiter le nombre des participants en tentant de marginaliser certains protagonistes. On peut citer entre autres le Parti National Panafricain, la Diaspora togolaise indépendante et ses composantes plurielles et décentralisées dans le monde, notamment Allemagne, Autriche, Belgique, Canada, Etats-Unis, France, Hollande, Italie, Royaume Uni, Suisse, etc. mais aussi dans la plupart des pays africains notamment le Benin, le Ghana, la Côte d’Ivoire, le Burkina-Faso, le Nigeria, le Gabon, Sénégal, etc.

Ce n’est pas à la fin de ce que vous appelez « dialogue » mais avant que cela ne commence qu’il faut libérer tous les prisonniers politiques notamment les membres du Mouvement citoyen NUBUEKE, restituer les équipements et outils de travail saisis, compenser pour les dégradations matérielles occasionnés. Entre abus de droit et impunité, aucun dialogue sérieux ne peut déboucher sur une alternance de gouvernance politique et économique. Il va falloir « NÉGOCIER » !

A la fin des négociations sans pressions ni chantages, le Peuple togolais  - au travers d’une représentation élargie et composée de partis politiques de l’alternance, d’une représentation plurielle de la Diaspora togolaise indépendante recomposée et regroupée, et de la société civile togolaise indépendante -, devrait écouter Faure Gnassingbé en personne et au Togo, annoncer son retrait de la vie politique et à défaut sa non-représentation en 2020 sur la base du retour de la Constitution originelle de 1992.  Il pourra toujours se représenter en 2030.

La première raison fondamentale est que Faure Gnassingbé n’avait pas le droit de changer la Constitution originelle de 1992 sans passer par un référendum. Le fait de l’avoir fait est un vice de procédure qui rend nul et caduc l’ensemble des modifications constitutionnelles qu’il et son système ont introduit. Aussi, sa proposition actuelle d’imposer un référendum au Peuple togolaise relève du dol, une forme moderne de l’usurpation du pouvoir du Peuple togolais de choisir ses représentants, mais aussi de mettre un terme à leurs mandats. La Constitution originelle de 1992 prévoyait tout ceci. Mais subrepticement, Faure Gnassingbé en ne respectant pas le parallélisme de forme juridique (Constitution originelle de 1992 par référendum suppose toute modification de cette Constitution par référendum) a en fait réalisé un coup d’Etat constitutionnel. Le Peuple togolais l’a compris avec un léger décalage et lui demande, pacifiquement par des marches régulières, de corriger tout ceci et laisser l’autodétermination du Peuple togolais reprendre ses droits afin de défendre en priorité les intérêts des citoyens togolais.

La deuxième raison fondamentale est que la vérité des comptes publics n’est pas au rendez-vous au Togo.Ce serait bien qu’avant la fin des « négociations », toutes les recettes du Togo notamment le port, la zone franche, les mines dont le pétrole, etc. soient déclarées officiellement sur les comptes de l’Etat togolais. Le Peuple togolais serait surpris d’apprendre les noms des véritables bénéficiaires et de constater le manque à gagner depuis plusieurs années. Face à l’omerta institutionnalisé par un système cinquantenaire, il est difficile de ne pas exiger ces demandes légitimes en passant par les « marches et « sitting » pacifiques » de manière concomitante avec les négociations. Rappelons tout de même que Faure Gnassingbé est le premier a constaté l’augmentation chronique de la pauvreté au Togo, avant et sous son règne. YEA.

 

Dr Yves Ekoué AMAÏZO

Coordonnateur général du Collectif pour la Vérité des Urnes

CVU-TOGO-DIASPORA. Une association de fait financièrement indépendante et politiquement libre.

20 décembre 2017

www.cvu-togo-diaspora.org

 

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