Antoine Ati Randolph

Antoine Ati Randolph

« Ne pas protéger le peuple, c’est comme violer la volonté du Ciel »

Chers Compatriotes,

Nous sommes entrés dans le 10ème mois de notre défiance à l’égard de la dictature néocoloniale et de l’autocrate Faure Gnassingbé.

En effet, le 19 août 2017 a sonné le début de la fin de la plus vieille dictature de notre continent et est en passe de devenir une date historique comme celle du 27 avril 1958 marquant la fin du colonialisme. Plus rien ne sera comme avant !

Cette durée est comparable à celle de la grossesse de la femme qui doit accoucher d’un bébé au bout de 9 mois. Si j’ose faire la comparaison, il s’agit ici, en l’occurrence, de la mère Patrie enceinte de la démocratie. La naissance de cette démocratie tarde à venir et nous devons rechercher les causes de ce retard, les analyser afin de mener des actions futures plus efficaces.

La coalition des 14 s’est octroyé la direction de notre lutte et l’a conduite momentanément dans l’impasse. Elle  a donc  l’obligation de nous donner les vraies raisons de ce retard et faire, par conséquent, son autocritique. C’est un test démocratique qu’il faudra passer devant le peuple !

Chers compatriotes ! Toute lutte a ses règles et ses principes. S’ils ne sont pas respectés la lutte ne pourra jamais aboutir et, dès lors, elle aura un goût amer. Cette amertume est faite des larmes et du sang du peuple dont les multiples sacrifices seront vite oubliés par ceux qui prétendent défendre ses intérêts. Sachons que les intérêts de notre peuple sont au-dessus des intérêts personnels et des intérêts particuliers liés soit à des fraternités ésotériques, soit à des entreprises transnationales ou à des pays étrangers. Soyons avant tout des  citoyens et des patriotes intègres, altruistes et loyaux à notre mère Patrie dont les souffrances ont ému le ciel. Le ciel a vu que le mal commis par la dictature est trop grand et qu’il a duré trop longtemps. C’est pourquoi il nous aide depuis août 2017. Donc, nous devons rester dans la droiture, l’altruisme,  la confiance et la gratitude !

Les règles et les principes de la lutte non-violente – tout comme ceux de la lutte armée – sont intangibles et doivent être rigoureusement respectés. Nous ne pouvons en aucun cas les transgresser. Toute transgression volontaire serait une trahison !

La loi fondamentale de l’action non-violente est basée sur l’illégitimité du régime c’est-à-dire sa non reconnaissance par le peuple ce qui rend possible sa défiance dans tous les domaines culturel, social, politique et économique. La dictature exige pour exister l’obéissance, la coopération et la soumission. Pour s’en défaire il faut donc  adopter et  appliquer strictement le contraire de ses exigences, c’est-à-dire la désobéissance civile, la non-coopération et l’insoumission.

La mise en œuvre de l’action non-violente ne relève pas de l’improvisation. Elle repose sur une structure organisée et responsable, capable de mobiliser largement les ressources humaines, matérielles et financières, capable d’élaborer une stratégie globale et un programme, capable de choisir les tactiques, méthodes et moyens les plus adaptés, capable d’être dynamique et offensive, capable de réactivité.

Dans notre cas, puisqu’il s’agit d’une question fondamentale qui concerne notre liberté, notre action non violente va s’inscrire dans la résistance populaire dont le moteur principal est la société civile et la jeunesse tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de notre pays. Ce moteur est soutenu par des partis politiques qui prennent également part à la lutte et qui partagent les mêmes objectifs : démission immédiate de Faure Gnassingbé et fin de la dictature. Donc non à la cohabitation !!!

Depuis les préparatifs du  fameux dialogue « Lomé 2018 »  et l’imprudent engagement unilatéral de la coalition des 14 de suspendre les marches pacifiques pendant sa tenue, notre lutte stagne et la mobilisation populaire  à reprendre la marche  reste faible. Le manque de vision, les hésitations et les zigzags liberticides de la coalition  découragent certains d’entre nous. Face à cette situation, de nombreux compatriotes se demandent comment faire  pour faire progresser la lutte.

Je pense que la coalition des 14 devrait reconnaître en toute humilité qu’elle est tombée dans un piège tendu par la dictature en participant à ce dialogue. Pour celle-ci c’était une ruse  pour stopper la marche ascendante de la défiance politique et pour se réorganiser, se renforcer afin de réaffirmer son autorité.

La coalition devrait faire son mea culpa et sortir de ce guêpier, c’est-à-dire se retirer carrément du dialogue pour reprendre réellement sa liberté à manifester. De toute façon le dialogue n’est pas la solution lorsqu’il s’agit d’une question fondamentale concernant la liberté d’un peuple ont affirmé de nombreux chercheurs et experts en lutte non-violente tel que Cene  Sharp, directeur-fondateur de Albert Einstein Institut dans son livre « de la dictature à la démocratie ». Ils affirment aussi que les élections ne sont pas un bon moyen en dictature de ramener la démocratie. Nous avons douloureusement déjà expérimenté à maintes reprises des élections frauduleuses organisées par le régime RPT/UNIR.  Par ailleurs, croire que c’est la communauté internationale y compris la CEDEAO qui va sauver notre peule est un leurre ; son implication dans tous les dialogues antérieurs n’a fait que maintenir la dictature au pouvoir. Apprenons donc de nos échecs et comptons d’abord sur nous-mêmes !

N’est-ce pas paradoxal pour cette dictature de gazer, terroriser, battre, emprisonner, assassiner et affamer le peuple et, ensuite, dans la foulée, l’appeler à voter pour lui ? Croyons-nous que les dictateurs organisent des élections pour les perdre ? N’y aurait-il pas une autre ruse, une sorte d’arrangement ? Le parlement n’est qu’un habillage pseudo-démocratique pour conférer la légitimité et la légalité à la dictature !

Ce pouvoir autocratique cinquantenaire n’a jamais eu de légitimité réelle. Le peuple l’a complètement et irrémédiablement  rejeté. La coalition devrait être au même diapason que le peuple d’où il tire sa force, c’est-à-dire  refuser de donner une quelconque légitimité à Faure Gnassingbé

Je pense que la coalition devrait :

  •           Rompre le dialogue  car son maintien donne une légitimité à Faure Gnassingbé. Du coup la CEDEAO aurait à sa tête un président en exercice illégitime !C’est la grosse crainte des autres chefs d’Etat de la sous-région. De toute façon, il n’y a plus lieu de vouloir négocier une sortie honorable à ce criminel de grande envergure
  •           Donner une démission collective de tous les députés de l’opposition parlementaire.
  •           Faire le boycott politique intégral. Celui-ci est une arme très efficace et redoutable dans la  lutte non-violente. On refuse ainsi de légitimer un régime usurpateur et impopulaire et de coopérer avec lui. Il s’agit de boycotter toutes les manifestations politiques organisées par la dictature y compris les élections et le référendum. La coalition des 14 n’a qu’un seul choix à faire : c’est d’incarner héroïquement la lutte populaire en l’amenant sur les fonts baptismaux de la démocratie. Tout autre choix sera une haute trahison,  un crime impardonnable !

Des pressions croissantes sur la coalition des 14 se feront sentir de plus en plus afin de l’amener aux élections que la dictature a décidé d’organiser unilatéralement. Contrairement à ce que certains pensent, rester dans le dialogue n’est pas une garantie de blocage du processus électoral car, de toute façon, le régime a décidé de passer en force et il aura recours à toutes sortes de justifications. D’ailleurs des manœuvres  sordides sont déjà  en cours telle que l’irruption dans le paysage politique  de certains regroupements de partis politiques fantomatiques du GRET et d’un soi-disant centre, tous étant des satellites du RPT/UNIR. Ce sont des » miliciens politiciens «  venus pour tenter de consolider le travail effectué par des miliciens cagoulés : maintenir Faure Gnassingbé au pouvoir au moins jusqu’en 2020. Des traîtres, encore des traîtres et toujours des traîtres !

Deux chancelleries occidentales entrent aussi dans la  danse et font des déclarations irresponsables et partisanes. L’une minimise la crise sociopolitique et l’autre demande que les » Togolais doivent laisser le président Faure Gnassingbé  défendre son bilan en 2020 ». Pourraient-elles répondre sans rougir aux deux questions ci-après ?

L’attentat terroriste contre Charlie Hebdo le 8 janvier 2015 était-il une mince affaire exagérément grossie par les médias?

Durant la 2ème guerre mondiale les alliés avaient-ils permis à Adolphe Hitler de défendre  son bilan ?

Je remercie vivement le CFTD, la FJD et la diaspora d’avoir promptement réagi  aux turpitudes et inepties de deux des 5 ambassadeurs  du G5. Oui, la solution au problème togolais n’est pas électorale ; elle est suicidaire comme cela a été dit et répété. Nous devons donc nous préparer à défier sans ménagement  tous ceux qui appelleront le peuple aux urnes et à boycotter les élections sur toute l’étendue du territoire ! Ces élections n’arrêteront pas notre lutte !

Chers compatriotes ! Tout ce qui précède corrobore la thèse de conspiration que j’ai dénoncée très tôt dans mon article du 21 mars intitulé «  la conspiration contre le peuple togolais se révèle au grand jour ». La conspiration déploie à présent ses pièces sur l’échiquier et nous pouvons voir clairement son jeu ; nous pouvons mettre en place notre stratégie pour lui faire échec et mat en trois coups!  Nous savons qu’à des moments différents la trahison a des visages différents et pour des objectifs différents la trahison se manifeste sous des formes différentes !

Comme nous pouvons tous le constater Faure Gnassingbé n’est que l’arbre qui cache la forêt « dictatoriale » dans laquelle se cachent loups, hyènes, serpents, vautours et charognards. Tous sont d’accord avec lui pour ruiner, appauvrir et dépecer notre pays. C’est pourquoi ils le soutiennent sans vergogne. Celui qui est censé protéger le peuple est le premier à le détrousser car il a commis de nombreux délits répréhensibles par la loi dont : terrorisme, crimes contre l’humanité,  crimes économiques, enrichissement illicite,  recel d’abus de biens sociaux et  détournement de fonds public, faux-monnayeur, corruption et dilapidation des deniers publics, mauvaise gouvernance,  fraudes électorales en 2005, 2010 et 2015 et falsification des résultats électoraux, dépravation de la vie morale publique, atteintes aux mœurs, luxure, inceste et pédophilie, association de  malfaiteurs…..

C’est-vraiment  du brigandage au sommet de l’Etat, du banditisme des grands chemins, que d’exploiter du pétrole offshore depuis des années à l’insu du peuple ! Que nous rapportent les phosphates et le port de Lomé qui sont entre les mains des familles Edery et Bolloré? Presque rien, quels scandales ! Et la cimenterie Wacem de Tabligbo exploitée par deux frères indiens ? Un autre scandale ! Faure Gnassingbé utilise aussi les prête-noms, les fax, les comptes offshore et la crypto-money pour l’évasion financière. Le Togo occupe la première place mondiale en ce qui concerne l’évasion financière avec un taux de 94% !

Par ailleurs, la fortune personnelle de Faure Gnassingbé volée au peuple est estimée au minimum à 8000 milliards de francs CFA et le budget annuel de la présidence qui était de 5 milliards en 2005 est aujourd’hui à 23 milliards de francs CFA. C’est scandaleux !

Peut-on encore laisser ce grand délinquant et criminel diriger notre pays ? Bien sûr que non ! Ne pas protéger le peuple c’est comme violer la volonté du ciel ! C’est pourquoi tout le peuple est debout et demande sa démission immédiate !!! C’est pourquoi aussi le ciel a rendu possible notre lutte et qu’il la soutient depuis le 19 août ! Notre lutte est invincible ; elle doit aboutir à la victoire pour la construction d’un Togo meilleur dans une nouvelle Afrique

Notre lutte n’est pas seulement dirigée contre une personne immorale et pourrie mais aussi contre son système mafieux et satanique pour le remplacer par un Etat bienveillant, porteur de toutes les espérances.

Notre lutte, étant une œuvre divine, se déroule aussi  dans le cadre où s’affrontent les forces du bien et les forces du mal, la vertu et la perversité ! La loi cosmique selon laquelle le bien est récompensé par le bien et le mal puni par le mal est implacable. Le colonel Yark  a reçu un avertissement du ciel. Le  cortège présidentiel en revenant d’Anfoin le 15 mai a  également reçu un avertissement. Ingrid Awadé vient d’en recevoir deux ! J’espère qu’ils comprendront ce que le ciel a voulu leur dire ! J’espère aussi que toutes les personnes, les institutions internationales et les pays qui continuent de soutenir Faure Gnassingbé, qui incarne le mal, la perversité, devront y réfléchir sérieusement!

Que devons-nous donc faire pour remobiliser et renforcer notre lutte pour l’amener à la victoire ?

Tout ce que j’ai écrit plus haut sert à cela. Il est important que la coalition des 14 recrée la confiance qu’elle a brisée entre le peuple et elle-même. La liberté ne se donne pas et le pouvoir ne peut être offert sur un plateau d’argent en recourant au dialogue. C’est une grande illusion que d’y croire !

Le Togo est en faillite et se trouve dans une situation désastreuse  dans laquelle s’enchaînent sans cesse des désastres et des scandales financiers. Nous avons l’impérieux devoir patriotique de sauver ce Togo parce que nous n’en avons pas d’autre. Il n’y a pas de Togo-B. Nous devons d’abord compter sur nous-mêmes, sur nos propres forces et nous réorganiser en conséquence.

Je voudrais avec beaucoup d’humilité vous proposer une structure patriotique dans laquelle la société civile, la jeunesse la diaspora et les partis politiques qui sont d’accord sur le départ immédiat de Faure Gnassingbé et la fin de la dictature pourraient travailler ensemble la main dans la main pour redonner, au plus vite, la pleine souveraineté usurpée par cette dictature au peuple et redresser le pays. Cette structure pourrait être dénommée Conseil National de la Résistance Togolaise ( CNR°).

Ce Conseil serait l’organe qui représenterait, dirigerait et coordonnerait les différents mouvements de la résistance togolaise. Il aurait un plan d’action immédiat bâti sur une stratégie globale et un programme à court et moyen terme à appliquer dès l’effondrement de la dictature. Je suis prêt à en discuter avec toutes les associations et tous les mouvements et partis politiques qui seraient intéressés par cette proposition salvatrice seule capable d’arracher la victoire, d’ancrer définitivement la démocratie  dans notre pays et d’assurer son indépendance.

Chers compatriotes ! La tâche exaltante que nous avons commencée en août 2017 est juste, légitime et constitutionnelle. Elle doit être poursuivie, sans peur mais avec toujours plus d’audace, jusqu’à la victoire totale dans l’enthousiasme du début. Ce n’est pas seulement la liberté, la dignité et l’alternance politique que nous voulons mais aussi améliorer nos conditions de vie et faire de notre pays l’or de l’humanité. Personne ne sera plus laissé pour compte dans la nouvelle société, une société plus juste, bienveillante, tolérante et fraternelle. Nous devons tourner définitivement la page de la honte !

Chers compatriotes ! Nous sommes un même peuple uni dans le même combat ! Que nous soyons hommes ou femmes, jeunes, adultes ou personnes âgées, civils ou militaires, élèves, étudiants, chômeurs ou travailleurs, quelles que soient nos professions, nos croyances religieuses et nos convictions politiques unissons-nous pour défendre le bien, les valeurs de notre république et libérer notre patrie ! Tous unis pour le bien de tous ! La joie approche !

Vive le peuple togolais !

Vive le Togo libre

ABLODE !         FEZIRE !         FEZIYE !         ABLODE GBADZA !

Fait à Colmar, le 22 mai 2018.

Contact : Antoine Randolph

antoinerand@hotmail.com

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