Antoine Ati Randolph

Antoine Ati Randolph

« Sentinelle, que dis-tu de la nuit ? La nuit est longue, mais le jour vient ! »

Chers frères et chères sœurs,

Chers compatriotes,

Vaillant peuple togolais,

Je vous salue et vous exprime mon profond respect à vous tous. Permettez-moi de vous adresser aujourd’hui ces lignes ci-dessous. Elles ne sont pas un pamphlet mais un appel vibrant et solennel  à la poursuite inlassable de notre lutte de libération nationale, à la reconquête de notre « Ablodé », avec fermeté et audace, jusqu’à la victoire totale .sur nos persécuteurs de la dictature néocoloniale, mafieuse et démoniaque des Gnassingbé : « Togo debout, luttons sans défaillance! »

Lorsque le 27 avril 1960 à 0 heure, la voix du leader adulé et incontesté Sylvanus Olympio rompit le silence de la nuit par la phrase « Sentinelle, que dis-tu de la nuit ? La nuit est longue, mais le jour vient ! » commençant son discours de proclamation de l’indépendance de notre pays, de son accession à la souveraineté nationale et internationale, l’immense foule de Togolaises et de Togolais qui assistaient à cet événement, retint son souffle puis le transforma soudainement en des cris de joie puissants et d’applaudissements frénétiques qui firent trembler le Ciel et la Terre de nos Aïeux. La quête d’Ablodé était enfin accomplie ! Nul n’ignorait à ce moment-là que ce « trophée » allait être brutalement confisqué, trois ans à peine après cet événement, par le colonialisme français revanchard !

A-     Le coup d’Etat du 13 janvier 1963 et ses conséquences

En effet, par le coup d’Etat du 13 janvier 1963 organisé par la France en se servant de quelques demi-soldes togolais démobilisés mais qui avaient participé auparavant, dans l’armée coloniale française, aux guerres d’indépendance d’Indochine et d’Algérie, le colonialisme français mit fin brutalement au développement du Togo et au rêve togolais. Le président Sylvanus Olympio, démocratiquement élu, fut assassiné parce qu’il voulait créer la monnaie togolaise et notre « Ablodé » fut en même temps confisqué. Le pays fut mis en coupe réglée. L’une des preuves de la perte de notre indépendance et de notre souveraineté est le mépris que les  Gnassingbé père et fils ont à  commémorer le 27 avril et que même le 27 avril 2005 fut une journée rouge dans la plupart de nos villes envahies par la soldatesque, les chars et les miliciens armés jusqu’aux dents.

En faisant assassiner Sylvanus Olympio, la France a non seulement contracté une dette de sang mais a aussi montré son injustice et son ingratitude à l’égard de cet illustre homme qui fut un ardent défenseur de la « France libre » et qui, pour cette raison, fut incarcéré pendant plusieurs mois au Dahomey alors que les fonctionnaires coloniaux de l’AOF, surtout ceux du Sénégal, soucieux de leurs salaires, faisaient toujours allégeance au gouvernement collaborationniste de Vichy ; ils avaient même humilié le Général de Gaulle lors de la bataille de Dakar du 23 au 25 septembre 1940. Il est grand temps que la France reconnaisse sa responsabilité dans cet assassinat et présente officiellement ses excuses au Togo et à son peuple. Plusieurs causes de nos malheurs résident dans ce crime resté orphelin, même s’il a été revendiqué par un certain sergent-chef Etienne Eyadéma pour couvrir les vrais commanditaires ! Et c’est le peuple togolais qui continue de payer le prix fort de ce coup d’Etat : prix humain, financier, sécuritaire et démocratique ! Nous réclamons la justice et la vérité pour Sylvanus Olympio !

B-     L’histoire récente de la situation sociopolitique.

Les crises sociopolitiques que notre pays a connues depuis le coup d’Etat du 13 janvier 1963 et la fondation de la dictature sont une succession des phases aiguës de notre lutte de libération nationale. Chaque crise s’est soldée par un accord de dupes non respecté par le pouvoir en place. Ainsi la crise sociopolitique ouverte le 19 août 2017 par le parti national panafricain ( PNP ) et son président national, Me Atchadam Tikpi, a ses racines dans l’accord politique global (APG) – accord de dupes signé en 2006 – dont l’application était pourtant garantie par la France et le Burkina Faso. Cette crise a surpris le pouvoir dictatorial, a pris une grande ampleur nationale renforcée et soutenue par la diaspora. La répression des marches citoyennes, populaires et pacifiques a été terrible et barbare provoquant plus d’une centaine de morts dont des enfants, des arrestations massives, des blessés graves dont les blessures sont souvent handicapantes, des disparus dont certains sont  enterrés vivants, des procès iniques, des dégâts matériels très importants, des villes assiégées etc…

Le pseudo-dialogue auquel la mouvance présidentielle et la coalition de 14 partis politiques de l’opposition ont participé, à partir de février 2018, était plutôt une conspiration de la communauté internationale – ONU, UE, Etats Unis d’Amérique, France et Allemagne – qui avait permis à la France de manipuler la CEDEAO  et une grande partie de cette même coalition afin de sauver le régime néocolonial et sa marionnette Faure Gnassingbé. Le dialogue fut placé sous la médiation de la CEDEAO et ses deux facilitateurs, les présidents ghanéen et guinéen. Faure Gnassingbé, président en exercice de la CEDEAO, reçut de cette institution, lors de son 53ème sommet tenu le 31 juillet 2018 à Lomé, un blanc-seing sous forme d’une feuille de route taillée sur mesure. Bien entendu, ce qui devait arriver arriva : l’organisation unilatérale, frauduleuse et non démocratique des élections législatives auxquelles ne participa pas  la coalition des 14 et que le peuple boycotta très massivement. La nouvelle assemblée est monocolore, réunissant le RPT/UNIR au pouvoir et ses partis politiques satellites. Interviewé le 8 avril sur radio Kanal fm, Agbeyomé Kodjo, ancien dignitaire du régime et député nouvellement élu, a déclaré : « L’élection du 20 décembre est une comédie électorale avec la bénédiction des pseudo-observateurs internationaux ».

La coalition des 14 a été en deçà des attentes du peuple et pour le dire carrément elle a trahi la lutte populaire en renonçant, d’une part, à exiger la démission du Chef de l’Etat et, d’autre part, en voulant embastiller cette lutte au parlement. Ironie du sort, elle est évincée du parlement pour n’avoir pas pris part au scrutin législatif du 20 décembre réalisé aux forceps liberticides et pernicieux. Elle n’a pu surmonter cette cuisante défaite politique et, du même coup, elle n’a pu capitaliser le score massif du boycott pour s’imposer comme les véritables acteurs de l’alternance et galvaniser le peuple pour contester le processus antidémocratique de ce scrutin et la légitimité des nouveaux «  élus ». Bien au contraire elle vient d’imploser après son conclave tenu en février 2019. Elle est à l’image des intellectuels togolais qui ont choisi la voie de la défaite !

Par ce boycott historique, le peuple togolais a mis à nu le régime dictatorial qui n’est soutenu que par une infime minorité n’excédant pas 3% de la population et a prouvé une fois de plus que l’usurpateur Faure Gnassingbé et son gouvernement sont illégitimes. Il a transformé ces législatives en un référendum révocatoire. Selon l’alinéa 3 de l’article 21 de la déclaration universelle des droits de l’homme,  « La volonté du peuple est le fondement de l’autorité des pouvoirs publics, cette volonté doit s’exprimer par des élections honnêtes… «  Le faible taux de participation et ces élections malhonnêtes enlèvent toute légitimité au régime RPT/UNIR. Faure Gnassingbé est donc illégitime, il doit tout simplement dégager ! Faut-il encore rappeler qu’il n’a jamais gagné aucune élection présidentielle, que son 3ème mandat est usurpé au regard de la constitution originelle de 1992 et, qu’ayant pris le pouvoir par un coup d’Etat, il demeure un criminel dont le crime est imprescriptible ?

La société civile s’organise ; elle est potentiellement la force organique de notre lutte de libération nationale car c’est en son sein que la résistance doit s’organiser, se construire, s’enraciner profondément dans la chair de notre patrie pour mener cette lutte à la victoire. « Résister, c’est le début de la victoire » a déclaré Adolf Pérez Esquivel. C’est dans cette optique qu’aurait dû se dérouler le forum citoyen national organisé à Lomé les 15 et 16 mars 2019 à l’initiative du mouvement des Forces vives »Espérance pour le Togo », pour trouver des chemins de convergence en vue de fédérer les énergies et les stratégies pour remobiliser le peuple. De même que cette convergence des énergies sur le boycott des législatives – pas d’élection sans réformes – est une grande victoire populaire sur la dictature, de même la nouvelle convergence des énergies aurait dû se fixer sur  l’objectif le plus fondamental et incontournable qui est la démission de Faure Gnassingbé et non des objectifs subsidiaires telles que les réformes constitutionnelles, institutionnelles et électorales. Les peuples algérien et soudanais viennent de nous montrer le chemin, les peuples burkinabé, zimbabwéen, et  sud-africain l’avaient déjà fait aussi. Nous devrions apprendre de ces peuples !

La diaspora est la partie libre de notre peuple ; elle en est aussi le reflet sociopolitique. Elle s’est beaucoup impliquée de différentes manières dans cette lutte mais une grande partie d’elle, s’étant inconditionnellement alignée sur la coalition des 14, a subi le même sort que celle-ci. La diaspora plurielle indépendante a fait un travail intellectuel remarquable indispensable à notre lutte !

C- Les causes du mal-être togolais

Il y a trois causes principales qui sont à l’origine de notre mal-être et ont un tronc commun formé par le colonialisme et le néocolonialisme.

a-     L’oubli des véritables divinités de la race noire. Cet oubli a rendu confus l’esprit de l’homme noir favorisant ainsi son mimétisme comportemental et culturel calqué sur le colonisateur. Le fameux discours du roi Léopold II, roi des Belges, est une parfaite illustration du processus d’aliénation spirituelle et de servitude volontaire des peuples noirs d’Afrique. Le président Mathieu Kérékou du Bénin n’avait-il pas dit que les intellectuels béninois, en particulier, et africains, en général, étaient des « tarés » parce qu’ils se comportaient dans leurs pays respectifs comme des colons ? Les peuples africains continuent d’exprimer une fascination ridicule à la civilisation occidentale, oubliant que l’Afrique a eu de brillantes civilisations. L’exigence de notre liberté passe par une révolution de nos consciences et de nos cultures.

b-     La question monétaire. Cette question est vitale pour les 14 pays de la zone franc car la monnaie est un instrument de souveraineté nationale. Le problème monétaire lié au franc cfa était tabou depuis la création même de cette monnaie en 1945 par la France; Le franc cfa est une monnaie esclavagiste réactualisée à la fin de la deuxième guerre mondiale en s’inspirant du modèle monétaire nazi. Il est l’ »arme invisible de la Françafrique » selon les écrivains Fanny Pigeaud et Ndongo Samba Sylla ; en effet, il permet à la France de dominer et piller ses anciennes colonies, de retarder leur développement en empêchant leur industrialisation et, en conséquence, est responsable du déficit de création d’emplois ! Sylvanus Olympio, ayant eu  une vision claire et prospère de notre pays, a été assassiné par la France parce qu’il avait voulu battre la monnaie nationale. Aujourd’hui, des voix s’élèvent dans le monde entier pour accuser la France d’appauvrir l’Afrique et de favoriser l’immigration subsaharienne en maintenant, de façon inique, le franc cfa. Il est temps que les anciennes colonies françaises d’Afrique prennent leur indépendance monétaire et luttent pour une véritable et réelle indépendance nationale.

c-      La dictature et sa mauvaise gouvernance. Cette cause est l’expression injuste, cynique et tragique du statut néocolonial de notre pays acquis après le coup d’Etat ignominieux du 13 janvier 1963. L’armée, forgée dans la mentalité coloniale pour la répression intérieure, est la pièce maîtresse de cette dictature, le RPT/UNIR sa partie folklorique et propagandiste et le chef de l’état, la marionnette que la France manipule car c’est ce pays qui détient le pouvoir réel ; il gère le Togo pour la communauté internationale, la mafia internationale et les différents réseaux religieux et pseudo-ésotériques. La France ne s’imagine pas sans ses anciennes colonies. C’est pourquoi elle a toujours accordé à ce régime autocratique un soutien indéfectible et inconditionnel. Ce régime de plus de 52 ans, est dirigé de père en fils par la famille Gnassingbé. Il tire notre pays vers le bas. Eyadéma Gnassingbé, son fondateur, n’avait-il pas déclaré un jour que « le Togo serait retardé de 100 ans en arrière »?

En effet, l’immoralité du chef de l’Etat et les effets de la mauvaise gouvernance caractérisée par l’abus de droit, l’abus de pouvoir, l’opacité de la gestion du pays, le pillage des ressources, la contre- vérité des urnes et des comptes publics, la corruption, le mensonge et la stratégie de la terreur occasionnant de graves violations des droits de l’homme sont connus de nous tous. Ils ont été abondamment décrits par tous les intervenants au forum national citoyen des forces vives – Espérance pour le Togo. En somme notre pays se trouve dans le chaos et la « misère est partout » générant de nombreux problèmes sociétaux, environnementaux etc. Notre patrie est en agonie, notre patrie se meurt ! Aux grands maux, les grands remèdes !  Nous devons la sauver et la reconstruire !

D  Que faire ?

a-     La voie électorale sous cette dictature et le  dialogue avec un régime brutal et sourd n’offrent aucune perspective d’alternance véritable.

Le statut néocolonial est intrinsèquement injuste, cynique et prédateur. Ce système est géré dans notre pays par une infime minorité de parvenus et de pillards dotant le Togo d’un Etat voyou et transformant notre République en une République des gangsters. N’étant pas sûre d’elle-même et soutenue par ses protecteurs étrangers, cette minorité a recours à tous les coups pervers pour gérer et conserver le pouvoir dont elle jouit pleinement avec arrogance. Croyons- nous que ses protecteurs étrangers vers qui se tourne la soi-disant « opposition démocratique », à chaque fois qu’il y a une crise sociopolitique, puissent conseiller à celle-ci la bonne méthode ou la meilleure solution pour renverser son régime ? Les élections et les dialogues obéissent à la même logique et aux mêmes mécanismes d’usurpation : conserver à tout prix le pouvoir, par des accords de dupes et la contre-vérité des urnes, par la violence si cela s’avère indispensable!!! Pourquoi encore aller dialoguer ? Pourquoi encore aller voter ? Tout cela est une illusion, un leurre ! La France a-t-elle attendu les élections avant de renverser le gouvernement patriotique de Sylvanus Olympio ? A-t-elle dialogué avec ce président, démocratiquement élu, avant de le faire assassiner ? Il est temps de sortir de notre égarement perpétuel ou de notre complicité pour prendre en main notre présent et notre avenir afin d’accomplir notre destin !

b-     Se remobiliser pour continuer la lutte est la seule solution

Nous avons traversé plus de la moitié du fleuve en faisant d’énormes sacrifices et il ne nous reste plus que quelques mètres pour en sortir définitivement. Notre  nouvel ancrage pour continuer notre chemin est le boycott massif des législatives du 20 décembre résultant de la convergence de toutes nos voix en une seule voix, la voix du peuple, qui a dit non à Faure Gnassingbé et à son régime de terreur. Ce régime qui colonise, ruine et détruit notre pays, qui nous humilie, est à bout de souffle et est irréformable. La voie électorale pour le renverser est plombée ; il ne s’agit plus de le toiletter en déshabillant Kodjo  pour habiller Akila ou Koffi. Il ne s’agit pas, non plus, d’une révolution de palais ! Il s’agit de le changer et d’ouvrir notre pays à une véritable alternative portée par une nouvelle société juste et démocratique dans laquelle tous les enfants de la patrie se retrouveraient et vivraient en paix et en harmonie. Seule la lutte libératrice peut nous conduire à cette  nouvelle société. Cette lutte que nous menons est juste, légitime, constitutionnelle et non violente. La répression  barbare et sauvage de la marche pacifique et populaire organisée le 13 avril dernier, par le PNP, prouve une fois encore au peuple et au monde entier, que ce régime fasciste est un monstre dévoreur d’hommes qui ne comprend que le langage de la terreur. Il doit être détruit ! Il doit être détruit définitivement! Il doit être détruit absolument !

c-      Les principes de la lutte non-violente doivent être strictement respectés. Nous sommes un peuple de Dieu ! Nous savons que l’homme est le chef-d’œuvre de Dieu et qu’il est le bien le plus précieux de la Nature. Pourquoi ce régime dictatorial et démoniaque emploie tant de haine, d’humiliations, de violences et de crimes pour asservir un peuple pacifique ? A cette dictature nous opposons la non- violence car ces deux attitudes antagonistes reposent sur des principes opposés. La dictature recourt à la terreur pour recevoir de ses sujets obéissance, coopération et soumission. L’action non-violente s’appuie sur la lucidité et la non peur pour se débarrasser de la dictature en appliquant strictement la désobéissance civile, la non coopération et l’insoumission dans tous les domaines de la vie publique. De même qu’»on ne fait pas boire un âne qui n’a pas soif » de même on n’asservit pas un peuple ivre de liberté ! Chers compatriotes, enivrons-nous tous d’Ablodé, soyons tous déterminés et nous serons bientôt libres !

d-     De la lutte à la libération, nous en serons tous ensemble les co-acteurs. » Seuls artisans de ton bonheur ainsi que de ton avenir », nous devrons nous mobiliser plus massivement et compter sur nos propres forces. Chacun ou chacune devra faire sa part dans l’extinction de l’incendie qui ravage notre pays depuis plus de 52 ans comme le colibri qui fait sa part pour éteindre l’incendie d’une forêt selon une légende amérindienne. Alors, initions la révolution des colibris au cours de notre « marathon démocratique » qui nécessite une puissante organisation dotée d’une nouvelle direction, d’une stratégie globale, d’un chronogramme et d’un projet de société pour l’avenir de notre pays. Notre agenda n’est pas celui du système que nous combattons. Il comporte bien toutes les revendications du peuple ; celles-ci seront faites au bon moment en fonction des étapes suivantes qui sont incontournables dans la résolution durable du problème togolais : DEMISSION suivie immédiatement de la libération des détenus politiques – TRANSITION débutant par une conférence inclusive et dotée d’une constituante pour opérer les réformes-indispensables  ELECTIONS TRANSPARENTES  dans un climat apaisé et réconcilié auxquelles participera de plein droit la diaspora. Donc : DEMISSION –TRANSITION- ELECTIONS

e-     La bipolarisation universelle. Notre lutte s’inscrit dans la bipolarisation universelle qui se reflète dans le monde humain par des oppositions entre le jour et la nuit, la lumière et les ténèbres, la vertu et le vice, le bien et le mal, la droiture et la perversité. Pour vaincre nous devrions rejoindre le pôle du bien, donc abandonner la culture de la dictature c’est-à-dire toutes les mauvaises choses inculquées dans notre mental à commencer par l’esprit de division, la haine, la jalousie, la délation, la corruption, la médisance etc…Notre lutte est faite pour libérer tout le peuple, lui redonner santé, bien-être, espérance, le réconcilier avec lui-même et reconstruire le pays sur des bases saines et harmonieuses.

L’appel de la Patrie !

Notre pays est déjà dans une situation désastreuse, chaotique. Or, l’exécution du « Programme National de Développement » du régime dictatorial présente des risques énormes d’augmenter encore plus l’endettement de notre pays qui est déjà supérieur à 80% du PIB et de creuser davantage l’écart entre les citoyens : les riches seront plus riches et les pauvres plus pauvres. Son volet social est a minima. Notre pays est donc en grand danger ! Les violations des droits de l’homme sont extrêmement graves. Comment tolérer qu’un nourrisson de 3 mois soit terrorisé par des militaires et que le chef d’Etat-major des FAT tue à bout portant des enfants dont le moins âgé avait 11 ans ? Pourquoi avoir battu à mort un manifestant ? Aucune personne dotée d’une conscience ne peut tolérer les actes de ce régime fasciste et satanique !

C’est pourquoi, le peuple a reçu un mandat céleste de s’en débarrasser ! Aussi la Patrie, la Terre de nos aïeux, appelle-t-elle, sans distinction, tous ses enfants, filles comme garçons, femmes comme hommes à se remobiliser, dans l’unité et sans crainte, pour mettre fin à cette République des gangsters dont le chef est Faure Gnassingbé. C’est en agissant comme un seul homme dont toutes les cellules et les différents systèmes collaborent et se cordonnent harmonieusement pour maintenir et entretenir la vie que nous atteindrons le but ultime de notre lutte : la libération et la transformation de notre pays en l’ »Or de l’humanité » ! Yes, We Can !

C’est notre Patrie qui m’a demandé d’écrire ces lignes à la veille du 59èmeanniversaire de l’indépendance de la Terre de nos Aïeux; je lui ai obéi docilement et humblement et ma main a été guidée par son cœur aimant car elle nous aime tous malgré nos défauts. Rappelons-nous que nous sommes les seuls artisans de son bonheur et de son avenir ! En ces temps de détresse et de souffrance son cri nous interpelle. Répondons tous à son Appel!

Luttons ensemble jusqu’à la victoire pour le bien de tous ! Avec certitude, la Joie approche !

Togolais viens, bâtissons la Cité ! Bâtissons la Splendeur !

Gloire éternelle à nos martyrs !

Vive le Togo libre !

ABLODE !

Fait à Colmar, le 25 avril 2019

antoinerand@hotmail .com

Dr  Antoine Ati Randolph

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