Antoine Ati Randolph

Antoine Ati Randolph

« Mon Dieu tu es le généreux

Ouvre-nous les voies

Ramène au Havre les exilés » 1

Frères et Sœurs de la Diaspora,

Chers Combattants,

Chers Compatriotes,

Vaillant peuple togolais,

Au stade d’enlisement où se trouve actuellement la lutte de libération de notre peuple et après la déroute aux élections municipales de la portion de l’opposition démocratique, portion atteinte d’une fièvre électoraliste incurable et invalidante, il m’a paru urgent de m’adresser à vous tous, frères et sœurs de la diaspora, pour que nous nous réveillions en sursaut au son du cor guerrier pour porter plus haut encore, d’une part, le flambeau étincelant de la lutte populaire contre la tyrannie et, d’autre part, l’emblème de notre patrie humiliée, pillée et persécutée.

Ce faisant, nous revivifierons certainement et soutiendrons plus fermement l’esprit des marcheurs du 19 août pour renouer avec l’Etoile de la Liberté, conseillère et résurrectrice de l’âme du peuple. Nous accomplirons ainsi la tâche historique de libération qui incombe à toute diaspora aimant réellement son pays d’origine livré à la domination étrangère ou soumis au despotisme obscur des potentats locaux.

Je ne suis pas de ceux qui répondent et se cachent après. Vous l’avez sans doute remarqué par vous-mêmes, qu’après mon élargissement en mars 2016 auquel beaucoup d’entre vous avaient contribué à différents niveaux, je ne m’étais pas enfermé dans une tour d’ivoire comme des huîtres dans leurs valves. Bien au contraire, j’avais participé à de nombreuses manifestations tant en Allemagne qu’en France et tout particulièrement à Paris ,le 15 décembre 2018, devant notre ambassade lorsque nous subîmes une charge bestiale et soudaine de la police française, alors que nous étions dans nos droits. Je fus blessé, mais peu importe ! Cette agression est l’une des preuves de la collusion de la France avec la dictature fasciste que nous combattons et semble signifier : «  ne troublez pas mon breuvage sur la côte des esclaves ». Oui, hier comme aujourd’hui la côte du Bénin est bien celle des esclaves !

En effet, nous,Togolais, sommes traités comme des esclaves sur notre propre sol depuis plus de 53 ans, humiliés, dominés, » gazés » et paupérisés par la plus vieille dictature du continent.

Indignons-nous ! Indignons-nous ! Cette dictature néocoloniale et démoniaque, dont le socle est l’armée, continue de ruiner et de détruire le pays qui est devenu désormais le 11ème pays le plus pauvre du monde 2. La misère est en développement partout. Alors qu’une infime minorité de la population accapare les richesses et vit dans l’opulence, la majorité vit dans la misère, ce qui la rend plus dépendante du pouvoir car le besoin de liberté augmente avec le pouvoir d’achat. Les problèmes sociaux et sécuritaires sont alarmants. La prostitution des jeunes filles est galopante et la pédophilie est croissante ; plus de 6000 enfants des deux sexes sont livrés à eux-mêmes dans les rues de la capitale et n’échappent pas à leurs prédateurs de tous horizons; l’accès à l’éducation pour tous est de plus en plus difficile, l’enseignement est bâclé et nombre d’écoles sont délabrées. Les hôpitaux sont des mouroirs, la faim et la malnutrition sévissent, l’insécurité règne en maître absolu etc…L’avenir de la jeunesse n’est-il pas compromis ? Notre existence en tant qu’êtres humains et nation n’est -elle pas menacée ? La stratégie de terreur se traduisant par des répressions individuelles et collectives sous la tyrannie des Gnassingbé a fait plus de morts que durant toute la colonisation allemande et française. Devoir de mémoire oblige ! L’armée s’en prend allègrement aussi aux enfants et ne les épargne pas! Des militaires ont terrorisé un nourrisson de 3 mois le 7 novembre 2017 vers 10 heures à Sokodé et le chef d’état-major des forces armées a abattu à bout portant un enfant de 11 ans, le 15 décembre 2018 à Lomé ! L’armée a commis des crimes contre l’humanité et Faure Gnassingbé, également ministre de la défense et chef suprême des forces armées, en est le grand responsable.

Le Togo, insurrectionnel depuis le 19 août et après deux ans de lutte sous la houlette de 14 partis politiques coalisés est devenu un «  Togo mort », Il était impensable que cette lutte, menée dans la ferveur et la détermination populaires, impulsée par l’esprit insurrectionnel du 19 août, échouât ! Nous devons en rechercher les causes, briser l’omerta, rompre le silence pour mieux rebondir…

La situation chaotique de notre pays et tous les événements tragiques que nos compatriotes de l’intérieur vivent au quotidien nous interpellent tous ! Jusqu’à quand laisserons-nous faire ces criminels ? En toute conscience et en toute connaissance, si nous ne faisions rien, serions-nous considérés encore comme des êtres humains ? Il est temps de dire fermement NON, que ça SUFFIT ! Plus jamais ça sur la Terre de nos Aïeux ! C’est pour toutes ces raisons que je m’adresse aujourd’hui particulièrement à vous tous, à toute la diaspora sur tous les continents, formant la 6 ème région du Togo et à travers vous, à notre vaillant peuple.

Comme j’ai beaucoup de choses à dire, je commencerai par les moins agréables. Rassurez-vous, ce n’est pas la boîte de Pandore que je vais ouvrir, je voudrais que nous ouvrions ensemble la » boîte de Salut » !

A) Le chemin serpentin de la lutte pour l’alternance politique.

Toute dictature est de nature démoniaque. La dictature est un système pervers qui pervertit l’être humain, son âme et son esprit. Pour s’imposer, elle a recours à l’esprit de division, aux ruses, tromperies, mensonges, au rejet de l’autre, à la violence, la répression barbare, la corruption, l’impunité, la haine, la luxure, la délation, l’opposition et les querelles entre les citoyens, la peur de l’autre, la frayeur, la course à l’enrichissement illicite, l’art de séduction, l’achat de consciences, la paresse intellectuelle etc. Tout cela constitue la culture de la dictature instillée dans le peuple et dont le peuple se nourrit depuis 53 ans à tel point qu’elle est devenue une seconde nature. Beaucoup de nos opposants qu’ils soient à l’intérieur ou dans la diaspora ne se sont pas remis en question ; c’est pourquoi il y a cette pagaille dans l’opposition et que la lutte progresse en rampant en zigzag, parfois à reculons !

1) Les effets pervers de la domination du peuple créent la servitude volontaire.

a) Esprit de division ou  «  diviser pour régner »

Cette pratique est égoïste, machiavélique, sert le pouvoir. Cette pratique est poussée à l’extrême dans les dictatures et tend à fractionner la société de manière à séparer et à isoler les individus pour les rendre plus fragiles, vulnérables, malléables et soumis. Tous les motifs sont bons pour atteindre cet objectif.

b) Terrorisme intellectuel.

Le terrorisme intellectuel résultant du culte des diplômes qu’affectionnent beaucoup de gens qui se prennent pour de «  grosses têtes «  ou des «  personnalités  » incontournables est très fort dans notre pays et prépondérant dans notre lutte, il est fortement nuisible à notre lutte et fait l’objet de disputes sur les réseaux sociaux. De tels intellectuels surdimensionnent leur égo et défendent d’abord leurs intérêts personnels au détriment de l’intérêt général, l’intérêt collectif. D’où la course aux dialogues avec leurs conséquences désastreuses et ruineuses pour le peuple.

Les intellectuels et d’une façon générale les lettrés se croient supérieurs aux autres qui ont eu moins de chance qu’eux comme l’a si bien remarqué Claude Mackey que je cite ici :« On vous donne une éducation d’homme blanc et vous apprenez à mépriser votre propre peuple »  3Le président Mathieu Kérékou du Bénin avait traité les intellectuels béninois et africains, par extension, de tarés parce qu’ils veulent vivre comme des colons dans leurs pays respectifs.

c) Corruption.

Là où il y a « corruption « il y a nécessairement le couple formé par le corrupteur et le corrompu. Comme l’être humain est mû par intérêt dont la réalisation produit des sensations soit agréables ou désagréables, le corrupteur attend du corrompu un service : soit l’aider à fructifier son intérêt, à obtenir quelque chose, soit à maintenir le statu quo par le silence ou l’inaction. Concrètement, on ne peut pas vouloir deux choses antagonistes en même temps c’est-à-dire une chose et son contraire à la fois, par exemple la liberté et l’oppression en acceptant l’argent du tyran.  Est-ce une bonne ou une mauvaise chose ? C’est à vous d’en juger ! La bible nous dit que le Christ a repoussé par trois fois les différentes propositions du Prince des ténèbres et que Judas, après avoir reçu le fruit de sa trahison s’est pendu. Aucun de nos leaders corrompus ne s’est pas encore suicidé ! Certains d’entre eux, soit par vantardise soit par bêtise pure, s’en glorifient d’ailleurs : « nous avons l’habitude d’en prendre, nous allons en prendre encore » ! De même qu’un pays n’a jamais gagné une guerre avec une armée corrompue, de même un pays dont la classe politique est corrompue et délinquante n’a aucun avenir décent. La corruption est un problème très grave parce qu’elle souille l’âme et l’esprit, étant contraire aux principes divins. Et ce n’est pas de l’eau bénite ou une poignée d’encens ou encore des prières de quelle confession religieuse que ce soit qui feront élever l’esprit et l’âme. C’est de son vivant que l’homme doit purifier et alléger son cœur s’il veut s’élever !

Le régime RPT/UNIR, de nature démoniaque, a développé la corruption à tous les niveaux dans le pays et a fait de tous ceux – nationaux et étrangers – qui ont pris de l’argent ses complices. Alors, la question de la responsabilité collective du chaos dans lequel se trouve notre pays ne se pose-t-elle pas ? Un tel pays peut-il prétendre encore être ou devenir l’or de l’humanité ? Ne devrions-nous pas aussi être intègres pour accéder au stade de l’or de l’humanité ? Tous ceux qui ont pris de l’argent de la dictature ne sont-ils pas, par leur silence, leur inaction ou par leurs encouragements, complices actifs ou passifs des génocidaires, des criminels, des juges et des miliciens du RPT/UNIR ?

Ce parti est un bon élève de la Françafrique qui emploie elle-même la corruption comme une arme pour maintenir et perpétuer sa domination sur notre continent et notre pays. Pour cela la planche à billets fonctionne frénétiquement à Chamalières (63400) ….en France, » mère des arts, des armes et des lois »  4 !

Refusons la corruption et cette vieille dictature corrompue tombera comme un fruit mûr !

d) Opacité autour des accords de dupes signés par l’opposition.

Comme le peuple est déjà sous servitude volontaire vis-à-vis du régime et tend à l’être à l’égard de certains leaders de partis politiques, il n’ose pas demander des comptes à ceux-ci ; d’ailleurs il n’est pas autorisé à le faire ! Cette forme de servitude volontaire est émotionnellement transformée en admiration de ces leaders qui se mettent au-dessus du peuple et croient qu’ils n’ont pas de comptes à lui rendre. Le peuple devient ainsi des moutons de Panurge. Tous ces accords de dupes ont été signés dans la plus grande discrétion, loin du peuple, sur fond de trahison et de corruption ! C’est parce que le dialogue « Lomé 2018 » avait pris une autre tournure que nous avons seulement appris ses conclusions consignées sur la feuille de route d’une CEDEAO corrompue et complice ! Il serait bon, pour clarifier la situation de ces leaders, que la coalition des 14 partis accepte un débat public et démocratique au cours duquel un compte rendu détaillé et exhaustif de la gestion de la crise et du dialogue serait présenté au peuple. Comment comprendre cette situation d’échec de la lutte à partir de cette position initiale de la coalition, je cite : » Il est trop tard pour discuter avec le régime. Si discussion, il doit y avoir, ce sera sur les conditions de départ du chef de l’Etat » ?! Cette coalition, devenue entre temps la coalition pour 30 millions de sous, a volé en éclats. Certains de ses membres sont arrivés à se chamailler et à pactiser avec la dictature pour des histoires de postes de maire ! Quelle honte ! Réveillons-nous ! Ouvrons les yeux ! Voyons en face les dérives scandaleuses des dialogues et de la voie électorale !

2) Rompre le cycle infernal est lié à la conception de la lutte politique.

a) Origine du cycle infernal.

Ces accords de dupes y compris la feuille de route de la CEDEAO sont incapables de résoudre le problème togolais lié à la dictature caractérisée par l’abus de droit, l’abus de pouvoir et la mauvaise gouvernance mettant le pays à sac. La paix instaurée après une mascarade électorale est sans justice et sans liberté. « La paix d’un dictateur n’est souvent rien de plus que la paix de la prison ou de la tombe » 5. La persécution des militants du Parti National Panafricain (PNP), les rafles nocturnes et la récente loi Boukpessi nous le montrent à suffisance. Aussi chaque accord de dupes fait-elle le lit à la prochaine crise sociopolitique qui sera réprimée dans le sang avec son lot de lourds sacrifices en vies humaines et en biens matériels. Ainsi se crée un cycle infernal qu’on peut résumer de la façon suivante :

Mauvaise gouvernance / Défiance politique / Répression barbare /   Dialogue biaisé / Mascarade électorale.

b) Le régime dictatorial RPT/UNIR est-il légitime ?

De par sa nature, toute dictature est illégitime. Pour avoir toléré si longtemps une chose anormale elle finit par paraître « normale ». C’est pourquoi, pour de nombreux partis politiques le régime RPT/UNIR est « légitime ». Il a instauré une certaine « démocratie » puisqu’il accepte le multipartisme et une opposition parlementaire et institue le statut de Chef de file de l’opposition. Pour d’autres, c’est une dictature fréquentable. La lutte est avant tout une lutte parlementaire et lorsqu’il y a des manifestations, elles se déroulent généralement à Lomé, la capitale. Pour d’autres encore cette dictature est illégitime et donc infréquentable ; elle doit être balayée. Dans son préambule, notre constitution nous commande d’ailleurs de combattre « tout système fondé sur l’arbitraire, la dictature et l’injustice »,

c) Le régime dictatorial RPT/UNIR est avant tout néocolonial.

Il est anticonstitutionnel, illégitime et illégal. C’est un régime « patricide » c’est-à-dire qu’il détruit la patrie. L’intérêt général est méconnu de ce régime corrompu qui sert avant tout les intérêts des puissances étrangères dont surtout la France, des entreprises multinationales et de la mafia internationale.

d) Orientations de la lutte.

Les orientations dépendront surtout des ambitions de la classe politique exprimées dans des programmes de société. A mon sens, il y a deux grandes orientations antagonistes possibles.

Orientation néocoloniale.

Cette orientation est le choix fait par la majorité de l’élite togolaise, constituant la majorité de la classe politique et se comportant en oligarchie. C’est cette orientation qui prévaut depuis le coup d’Etat du 13 janvier 1963 par lequel la France a confisqué l’indépendance de notre pays. Elle ne remet pas en cause le système néocolonial. Elle aboutirait dans le meilleur des cas à une alternance politique sans alternative. Ce serait le changement dans la continuité ou encore changer pour que rien ne change. C’est le choix de la défaite face à la mainmise des forces exogènes sur le destin du Togo et de son peuple.

Orientation patriotique ou nationaliste.

Cette orientation, progressiste, visera avant tout le démantèlement du système dictatorial néocolonial et la reconquête de l’indépendance et de la souveraineté nationales. Elle propose une alternative démocratique pour reconstruire le pays sur la base d’un programme de société commun et faire une véritable réconciliation nationale, bienveillante. Elle ne peut se réaliser qu’à travers une lutte de libération nationale. Dans l’optique de celle-ci, il est indispensable de mettre sur pied une organisation appropriée et solide.

B) Raffermir l’esprit et la volonté

La pensée précède l’action et la pensée est sous le contrôle de l’esprit ; c’est pourquoi l’esprit doit être fort et droit pour accomplir de grandes œuvres. Les institutions fortes d’un pays ne demeurent fortes que lorsque l’esprit du peuple est droit, mais pour un esprit accommodant, flexible, cela ouvre la voie à la dictature, à toutes sortes de dérives inacceptables et à la culture de l’impunité.

1) Le traumatisme togolais.

Oui, le pouvoir corrompt, le pouvoir absolu corrompt absolument  6 et le philosophe Emmanuel Kant d’ajouter : » la possession du pouvoir corrompt inévitablement la raison » C’est ce mal lancinant dont souffre le peuple togolais depuis 53 ans car la dictature pour le dompter, l’esclavagiser a eu recours à tout un arsenal démoniaque de domination et d’avilissement. Sous ses coups redoublés, le peuple a plié comme le roseau de La Fontaine 7 mais il a oublié qu’il devait être aussi un roseau pensant à tel point que sa classe de lettrés semble développer le syndrome de Stockholm pour s’identifier à ses bourreaux et lui confier sa destinée, refusant même, à deux reprises, la destitution d’Eyadéma Gnassingbé en 1991 et celle de son fils Faure Gnassingbé en 2018. Par sa culture de dictature, le système autocratique a souillé l’âme et l’esprit du peuple, inversant les valeurs en mettant le bien à la place du mal et le mal à la place du bien, biaisant le raisonnement, encourageant la déconstruction, le gain facile, l’enrichissement en une nuit, la paresse et la médiocrité etc! La dictature tient le peuple dans ses nasses au moyen de ce triptyque formé par le ventre, le sexe et la peur. Chose paradoxale, c’est que les pays occidentaux, censés porter une certaine forme de civilisation dans laquelle la démocratie et les droits de l’homme sont considérés chez eux comme des facteurs de progrès, deviennent sourds et aveugles dès qu’il s’agit de défendre leurs intérêts égoïstes dans les pays du sud où ils imposent ou soutiennent la barbarie dont l’Afrique les avait aidés à se débarrasser au cours de la seconde guerre mondiale ! Mais rien n’est éternel ! Tout vibre, tout change ! Le monde, lui aussi, évolue et change ! La liberté est une aspiration universelle de l’homme. La joie approche !

2) Le désir de liberté et l’engagement dans la lutte de libération.

Lorsque l’homme désire quelque chose il met tout en œuvre pour tenter de l’obtenir. Aussi le désir est fondamental et précède la volonté. L’homme doit apprendre à reconquérir et chérir la liberté ontologique, d’essence divine, car l’homme a été créé libre, à l’image de dieu et dieu l’a appelé à sa ressemblance. C’est pourquoi l’homme doit abattre tous les obstacles socio-culturels, religieux et politiques qui se dressent sur son chemin et qui l’empêchent de vivre libre. C’est pourquoi aussi nous, peuple togolais, rampant depuis 53 ans, devons laisser tomber la peur, renforcer notre psychisme, nous redresser, lâcher la main du diable et saisir la main de Dieu pour devenir l’Or de l’humanité ! Mais celui qui n’a jamais connu la liberté pourrait-il la réclamer ? Il faudrait une campagne de sensibilisation au niveau du peuple profond et des sans-voix, démocratiser le rapport dominant/ dominé et voir l’autre tel qu’il est et non tel qu’on voudrait qu’il soit. Ce n’est qu’alors que la lutte se poussera de nouvelles ailes pour reprendre avec détermination et audace son envol vers la victoire! Aussi belle que soit une chaîne nul ne doit demeurer esclave !

3) La révolution des consciences.

Révolutionner sa conscience c’est se changer soi-même pour que son monde change. On se prépare ainsi à accomplir la mission pour laquelle on est venu dans ce monde. C’est rejeter la culture de dictature, la pensée unique, élever sa conscience et l’orienter vers l’altruisme, servir l’autre et la patrie sans rien attendre en retour. C’est devenir responsable et assumer pleinement la responsabilité de ses actes. L’un des moyens d’y parvenir c’est d’assimiler l’hymne national. On porte ainsi le patriotisme à la température la plus élevée, le point de fusion, pour transformer le fer en acier !

4) L’esprit d’indépendance.

L’homme libre ne peut rester libre et indépendant que s’il est responsable de lui-même. Sinon il devient un esclave ou une marionnette. Pire, il remet son corps au contrôle d’une autre personne. Si on lui demande de se jeter dans un puits, il s’y jette ! Il en est de même pour un pays. Nous sommes les seuls artisans du bonheur et de l’avenir de notre pays, comptons sur nos propres forces et sur notre détermination ! « Brisons partout les chaînes de la traîtrise. « De l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace, !  8

5) Le respect scrupuleux de l’hymne national, de la constitution et des textes internationaux donne une solide base légitime et légale à notre lutte de libération.

Ni dans l’hymne national ni dans la constitution 1992, il n’est mentionné nulle part de recourir au dialogue pour combattre un système dictatorial ou de pactiser avec la dictature  voire même de « se pacser » avec elle (pacte civil de solidarité en France)! Bien au contraire, La Terre de nos Aïeux ( 1ère strophe) et la constitution 1992 (alinéa 4 du préambule et article 150) nous commandent de combattre fermement et sans défaillance, même au prix de nos vies tout système fondé sur l’arbitraire, la dictature et l’injustice. La déclaration universelle des droits de l’homme et la charte africaine des droits de l’homme et des peuples reconnaissent le droit des peuples à s’autodéterminer, à se protéger, à se doter d’un Etat de droit etc. Notre lutte de libération nationale est juste, légitime et constitutionnelle. Nous représentons désormais l’Etat légitime pour affronter l’État voyou et corrompu des Gnassingbé !

6) L’émergence de l’État légitime.

Nous avons toujours déclaré que le régime RPT/UNIR était illégitime et très minoritaire. La communauté internationale feignait de ne pas y croire. Coup de théâtre le 20 décembre 2018 ! C’est la dictature elle-même qui a fourni la preuve de son illégitimité et de sa minorité en organisant unilatéralement et dans des conditions opaques les législatives très massivement boycottées par le peuple. Seul environ 10 % des inscrits se sont déplacés ce jour-là et beaucoup d’entre eux ont voté « blanc » ou « nul », Le peuple a transformé ces législatives en un référendum révocatoire. Selon le paragraphe 3 de l’article 21 de la déclaration universelle des droits de l’homme « La volonté du peuple est le fondement de l’autorité des pouvoirs publics ; cette volonté doit s’exprimer par des élections honnêtes... » Le peuple a désavoué le régime RPT/UNIR, Faure Gnassingbé et le gouvernement Sélom Klassou ne peuvent plus et ne doivent plus prétendre représenter le peuple et parler à son nom ! Ils sont illégitimes. En conséquence, toutes les décisions, actes, engagements et accords qu’ils prendront, feront ou signeront sont illégitimes et illégaux, donc nuls et sans effet. L’assemblée législative, la CENI, la nouvelle « constitution, », la loi Payadowa Boukpessi, les élections municipales et le HCTE sont illégitimes. Il en résulte que le régime RPT/UNIR, illégitime, ne pourrait en aucun cas, organiser l’élection présidentielle de 2020. L’État légitime exige la démission de Faure Gnassingbé et la mise en place de la Transition dotée d’une assemblée constituante pour régler véritablement et définitivement la « question togolaise ».

Je lance un appel solennel au peuple, à toutes les forces démocratiques de l’intérieur et à la diaspora  à défendre fermement l’État légitime, né de la volonté populaire le 20 décembre 2018, en appliquant la désobéissance civile et militaire, la non coopération et l’insoumission généralisée pour faire échec à l’État voyou et corrompu des Gnassingbé ! Sa base sociale représente moins de 3 % de la population ! Plus rien ne sera comme avant !

C) FAURE GNASSINGBE DOIT DEMISSIONNER MAINTENANT !

Je rappelle ici la revendication fondamentale de notre peuple dès l’insurrection du 19 août 2017 à ceux d’entre nous qui seraient amnésiques ou qui auraient une mémoire courte ou qui seraient sourds. Vox populi, vox dei ! Notre lutte de libération est une œuvre altruiste pour sauver 8 millions de personnes ; c’est une œuvre divine ! Peu importent la conspiration contre notre peuple, les trahisons, les mensonges, l’achat des consciences, les mascarades électorales, tout cela n’est qu’un coup d’épée dans l’eau ! La volonté divine s’accomplit toujours ! Le décret du ciel est tombé !Le mandat céleste dont est détenteur l’État légitime est en exécution !

Faure Gnassingbé a commis de nombreux délits répréhensibles par la loi qui l’ont complètement et définitivement discrédité. Il est en effet coupable de : terrorisme, crimes contre l’humanité,  crimes économiques, enrichissement illicite, corruption, mauvaise gouvernance, fraudes électorales en 2005, 2010 et 2015 et falsification des résultats électoraux, dépravation de la vie morale publique, atteintes aux mœurs, luxure, inceste , association de  malfaiteurs…

Son plan national de développement – PND -n’est qu’une simple pommade de vaseline made in Lomé II pour faire reluire la peau crapoteuse de ceux qui sont déjà riches….pour les rendre encore plus riches !

D) Ultime message à la France, « Berceau des droits de l’homme ».

L’État légitime fait désormais face à l’État terroriste, voyou et corrompu des Gnassingbé que la France a toujours soutenu inconditionnellement en n’hésitant pas à marcher sur plus de 25000 corps mutilés et suppliciés par l’armée togolaise entraînée, formée et conseillée par des instructeurs français dont le général 5 étoiles Raymond Germanos pour défendre ses intérêts nationaux ou ceux de ses entreprises du secteur privé. Plus de morts que durant toute la double colonisation germano-française de notre pays ! La France a raté plusieurs occasions de renouer avec le peuple pacifique et courtois de notre pays, par exemple en 2005 à la mort du tyran Eyadéma Gnassingbé, en 2017 après l’insurrection du 19 août et à chaque élection présidentielle puisque le président sortant , battu, a toujours été déclaré gagnant à la faveur de la contre-vérité des urnes. Comment pourrait-elle encore soutenir cette bande de gangsters dont le chef d’état-major des armées tue à bout portant un enfant de 11ans, apprenti mécanicien déjà victime de la société, et dont certains éléments galonnés brutalisent un nourrisson de 3 mois à Sokodé sous prétexte que «  si celui-ci a grandi il jettera des pierres aux militaires « ?! Quelle folie furieuse!

Les obsèques de Jacques Chirac, ancien président français, ce 30 septembre, ont donné l’occasion à l’immoral Faure Gnassingbé d’être reçu à Paris au même titre que d’autres invités officiels par le président Emmanuel Macron qui, jusqu’à une date récente, ne voulait pas le recevoir à l’Elysée. Rappelons en passant que Jacques Chirac nous avait imposé dans le sang et avec la contre-vérité des urnes Faure Gnassingbé après le décès de son père le 5 février 2005 ! Triste rappel salissant la mémoire du défunt !

Le Togo n’est pas la République Démocratique du Congo. Ce qui a « réussi » ici ne réussira pas là ! Pour deux raisons : 1) Le Régime RPT/UNIR est illégitime. L’État légitime lui  interdit d’organiser l’élection présidentielle de 2020 ! 2) Le problème togolais est profond ; cette élection présidentielle ne peut le résoudre. Aucun des candidats déclarés ou non n’a ni la capacité ni l’envergure de le résoudre. Seule une Transition sans Faure Gnassingbé pourrait le résoudre. En tout cas et en aucun cas, nous ne voulons plus voir Faure Gnassingbé finir 2020 comme « président » du Togo. Nous exigeons aussi la démission du chef d’état-major des FAT. Nous demandons à la France de rappeler le général Raymond Germanos, conseiller militaire de Faure Gnassingbé, ex-chef d’état-major français, radié des forces armées françaises et condamné en France pour pédophilie  9.

Faure Gnassingbé est un « président » inutile, il doit partir !

Nous espérons que la France prendra en compte ce message clair et notre légitime requête. Si elle continue de soutenir Faure Gnassingbé, la Patrie, mise en danger par lui et par la dictature, sera dans l’obligation, dans ce cas et ce cas seulement, de déclencher l’opération : France, go home !

Nous ne sommes contre aucun peuple, aucun pays et aucune nation. Nous voulons vivre heureux chez nous ; nous voulons également, en privilégiant la paix et la coopération entre les nations, accomplir notre mission exprimée dans la 3ème strophe de notre hymne, construire la Fraternité humaine et défendre réellement l’écologie pour sauver notre continent et la planète. Nous franchirons tous les obstacles qui se dresseront contre nous.

D) Appel à la Diaspora

Le hasard n’existe pas. Nous avons le même destin collectif. Nous appartenons tous à la même communauté nationale et, par le jeu de circonstances diverses, nous nous sommes retrouvés à l’extérieur de notre pays, mis à l’abri par la Providence, pour vivre l’expérience de la séparation d’avec notre pays d’origine, le Togo. Nous constituons une force potentielle de 2,3 millions de personnes. Nous sommes le soutien et l’espoir de notre pays. Beaucoup d’entre nous aimeraient rentrer pour apporter leurs savoirs et leurs savoir-faire au développement national. Ceux qui avaient essayé se sont retrouvés en prison ou sur la paille, détroussés par les voyous de la République. Les exilés politiques scrutent le ciel à la recherche d’une voie. C’est ce que Si Mohand a exprimé avec nostalgie dans son poème «  l’Epreuve de l’exil » mis en exergue plus haut.

1) La tâche historique

La diaspora a toujours accompli son devoir historique. Elle s’était efficacement et courageusement engagée dans la lutte pour l’indépendance et la lutte contre l’autocratie du «  général » Eyadéma Gnassingbé pour conquérir quelques avancées démocratiques et ouvrir un espace de liberté. La lutte que mène la diaspora n’est possible que si elle est en concordance avec les aspirations et la lutte du peuple. Dès lors la diaspora et le peuple forment un tout indissociable, un couple harmonieux luttant ensemble pour le bien de tous. C’est dans cet esprit que je me suis engagé lorsque j’étais au Togo dans le combat politique contre la foudre du Parti-Etat que représentait le RPT. Lors de mon procès le 30 juillet 1986 avec deux autres coaccusés, animés d’un espoir grandiose pour l’avenir de notre pays, nous avons dénoncé avec courage la torture et les graves violations des droits de l’homme et réclamer pour le peuple la démocratie, la liberté, le multipartisme et le développement. La dictature a progressivement récupéré les acquis démocratiques de la Conférence Nationale Souveraine à l’exception du multipartisme, hypertrophié et vampirisé par le système, qui semble constituer aujourd’hui un frein à la croissance et à l’efficacité de notre lutte de libération nationale. Nous devrons nous replacer dans l’esprit du 19 août, esprit unitaire et insurrectionnel, le maintenir vivace pour faire grandir l’espoir grandiose pour l’avenir de notre pays semé dans l’enceinte du palais de justice le 30 juillet 1986 à Lomé. Cet espoir croîtra, fleurira et fructifiera ; ses fruits serviront à nourrir équitablement, dans la paix et la concorde nationale, le peuple togolais sur des générations et des générations. Pour cela, nous devrons abattre préalablement la dictature puis impulser un autre type de développement basé sur un programme commun pour l’émergence d’une nouvelle société libre, prospère et indépendante. Voilà la présente tâche historique de la Diaspora.

2) Les principes de la lutte non violente.

N’abandonnons pas facilement la lutte et ne choisissons pas non plus la facilité soi- disant pour la continuer, partisans du moindre effort ou trop habitués à la paresse, à l’indifférence. La voie électorale est facile ; c’est surtout un leurre pour nous, Togolais. Nous devons quitter l’infantilisme émotionnel, intellectuel, spirituel et ésotérique que nous connaissons pour voir et analyser le problème togolais sous un autre angle plus élevé pour lui apporter définitivement une solution véritable, idoine et bienveillante. Le respect scrupuleux de notre hymne national «  La Terre de nos Aïeux « et de la constitution originelle 1992 est le fil d’Ariane pour nous sortir du labyrinthe dictatorial édifié dans un tunnel où règnent les ténèbres de la nuit néocoloniale. La voie électorale sous la dictature n’est pas la solution ; c’est une voie qui restera plombée tant qu’elle n’aura pas été réformée dans la transparence démocratique qu’exige la vérité des urnes. La voie violente, en apparence séduisante pour certains, n’est pas adaptée au tempérament du peuple togolais, à l’exiguïté de son territoire et à la conjoncture internationale actuelle ; elle s’oppose au principe divin de la bienveillance. De plus, elle est obstruée de larmes et de sang et constitue un piège dans lequel la dictature, s’appuyant sur une armée pléthorique, puissante, peuplée de mercenaires et de terroristes étrangers, aimerait nous voir tomber. Seule l’action non violente ou la lutte non violente offre une alternative et une perspective encourageantes et constructives. Elle prend racine dans la société civile en y construisant la résistance. De même qu’un voyage de mille lieues débute par le premier pas 10, de même résister est le premier pas de l’action non violente, résister, c’est le début de la victoire 11 ! Outre ses principes incontournables de désobéissance civile et militaire, de non coopération et d’insoumission généralisée, l’action non violente exige une stratégie globale efficace et un programme de société commun. Il nous faudra donc structurer notre lutte dans le temps et dans l’espace.

3) Le nécessaire regroupement au sein d’une structure commune de lutte

Ce qui est à l’extérieur est comme ce qui est à l’intérieur ! La diaspora d’aujourd’hui est également victime de la culture de dictature dominée par l’esprit de division et les querelles. Sa division et son alignement inconditionnel et aveugle sur les mouvements et partis politiques de l’intérieur soit de la mouvance présidentielle soit de l’opposition démocratique formant la C14 n’ont pas changé le cours de l’histoire malgré tous les efforts et les sacrifices faits par les pro- C14 et la fraction de la diaspora libre et indépendante connue sous le non de RCDTI et CVU-Togo -Diaspora. Cette fraction a élaboré de nombreux documents éclairés et est en train de rédiger un programme pour l’avenir de notre pays.

La lutte patriotique de libération doit être repensée pour un nouveau départ, un nouveau développement dans une structure centralisée dont le contour, le fonctionnement, la stratégie et le programme de société seront définis par les membres de cette structure ayant adopté un projet de société commun. Cette structure pourrait se nommer « Conseil National de la Résistance Togolaise » par exemple. Elle portera les habits de l’État légitime. Pourront être membres de cette structure toutes les forces démocratiques de l’intérieur et de l’extérieur engagées résolument dans la lutte de libération, ayant accepté la règle des 4 critères ci-dessous et adopté le programme commun de société.

La règle des 4 critères :   – aimer réellement la patrie

- désirer réellement la liberté

- s’engager réellement dans la lutte

- défendre réellement l’État légitime

4) Mobilisation générale pour le triomphe de la démocratie et la liberté.

Frères et sœurs de la diaspora ! La liberté est en marche, portée par la rue ! En effet, la rue se fait parler d’elle partout : les gilets jaunes en France, en Algérie démission (acquise) du président Bouteflika, au Soudan démission (acquise) du président El-Béchir, en Egypte,  le président-maréchal al-Sissi en grandes difficultés : Sissi va-t-en !, en Haïti contre la cherté de la vie, le prix du pétrole, à Hong-Kong retrait (acquis) de la loi d’extradition  et d’autres exigences à satisfaire etc. Et nous alors ? Nous pourrions obtenir dans un premier temps le retrait de la loi Boukpessi, l’arrêt de la persécution du PNP et bien d’autres choses plus tard ! La liberté n’a pas de frontière .et de prix. Notre diaspora aux Etats-Unis vient de donner le ton, continuons, continuons dans ce sens. !Pour ce faire, laissons nous guider par l’Etoile de la Liberté et retrouvons l’enthousiasme du 19 août. Notre drapeau flottant allègrement dans la rue était magnifique à voir dans tous les  pays d’accueil. Au Togo, la vie est de plus en plus chère, les manifestations sont souvent interdites et la loi Boukpessi vient de restreindre la loi Bodjona. On n’ose plus défier l’interdiction de manifestation. Si nous recommençons les manifestations dans la diaspora comme en 2017-2018 nos compatriotes de l’intérieur nous suivront  c’est sûr ! Nous devrons intégrer ces manifestations dans notre lutte pacifique pour arracher la liberté et instaurer l’État de droit ! Boycottons aussi le Haut Conseil des Togolais de l’Extérieur (HCTE) pour qu’il devienne un désert où nulle âme ne vit !

D’ores et déjà, tous les membres de la diaspora, épris de paix et de liberté, doivent se considérer dans leurs pays d’accueil respectifs comme les ambassadeurs de l’État légitime et du peuple togolais ! Dans cet esprit, il serait bien de placer dans nos domiciles respectifs le drapeau national de manière ostensible pour qu’il soit vu depuis la rue et ce jusqu’à la victoire ! Nous pourrions organiser une grande campagne d’information et de sensibilisation en utilisant tous les moyens de communication y compris le téléphone et les réseaux sociaux visant les compatriotes de l’intérieur tels que les « indifférents » et ceux qui soutiennent encore le régime de manière à assécher les sources de pouvoir de la dictature. Un arbre sans racine, ne tombe-t-il pas ? La joie approche !

CONCLUSION

Chers compatriotes, pour conclure, je vais écrire encore quelques lignes. L’heure n’est ni au découragement, ni à l’indifférence ni à une halte prolongée ! Nous avons déjà parcouru un long chemin et il nous reste seulement un petit bout de trajet à faire pour terminer notre « marathon démocratique ».  La victoire est à portée de main, elle est certaine ! Une vraie lutte de libération n’a pas de raccourci. C’est en voulant la raccourcir que la coalition des 14 s’est fourvoyée, a trompé et trahi le peuple. Un autre obstacle jonche le chemin, c’est celui de l’élection présidentielle 2020. C’est de nouveau un piège comme le pseudo-dialogue « Lomé 2018 ». Si nous voulons vraiment nous libérer, nous libérer réellement, nous devrons éviter ce piège et nous organiser autrement en restructurant notre lutte dans le temps et l’espace, rompre les chaînes ininterrompues de la traîtrise et de la corruption, élaborer un programme commun pour l’avenir de notre pays. Aucune moité du peuple ne peut libérer à elle seule le Togo sans la participation directe de l’autre moitié et sans l’implication de la société civile et de la diaspora. Je vous propose le chemin d’espoir, le « rassembler pour construire » afin de combattre le « diviser pour régner » ! Notre point d’ancrage doit être le 20 décembre, grande victoire populaire marquant la naissance de l’État légitime ; c’est la victoire du rassemblement et de la convergence sur un seul focus : le boycott des législatives ! Aujourd’hui, concentrons-nous sur la transition sans Faure Gnassingbé ! Souvenons-nous que le bien est rétribué par le bien et le mal par le mal !

Transformons ensemble nos souffrances en actions dynamiques pour se débarrasser de cette vieille dictature corrompue et construire notre pays sur la base de la justice, la liberté, la paix et la bienveillance en mettant en œuvre notre programme de société commun ! Notre lutte est une œuvre divine pour sauver du naufrage notre peuple et édifier la fraternité humaine. Vox populi, vox dei !

Alors, chers compatriotes de la diaspora et de l’intérieur, agissons ensemble pour le bien de nous tous et soyons forts, confiants et audacieux car « la seule chose qui ne changera jamais est que tout change toujours tout le temps, 12. « De l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace avait dit Danton » ! Avec certitude, la Joie approche !

Je vous remercie toutes et tous et vous adresse chaleureusement mes pensées patriotiques et fraternelles.

Vive le Togo libre !

ABLODE !

Fait à Colmar, le 30 septembre 2019

Dr Antoine Ati Randolph

antoinerand@hotmail.com

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