
Les stations d’essence le long de cette voie, sont soit fermées sans de clients. Seuls des éléments des forces de sécurité, déployés en masse pour assurer la sécurité des stations, sont visibles. Constat davantage très frappant au niveau du Port autonome de Lomé. Ce haut lieu de commerce et de petits et divers métiers, est désert. Les parkings de vente de véhicules d’occasion ont leurs rideaux de fer tirés, les transporteurs ont garé leur camion.
Le long de la route, des passagers attendent désespérément des occasions pour se rendre en ville, pour diverses raisons, dont celle de service pour certains. « Je suis ici depuis 6h30. Ma voiture est en panne et je ne trouve pas un pour me rendre au service », nous a confié un cadre du ministère des finances. D’autres longent carrément à pied la route, donnant du paysage, l’image d’un pays fuyant une guerre ou une catastrophe naturelle. Certains portant des bagages sur la tête ou tenant des sacs volumineux.
Le spectacle quoi que moins frappant, est le même au centre ville. Au quartier chaud de Bè, le marché est resté fermé. Des jeunes et forces de sécurité sont face à face, au carrefour du marché, aux environs de 8 heurs. Certaines voitures personnelles et taxi –moto, circulent. Ici aussi, une grande majorité se déplace à pied le long du boulevard. Magasins, boutiques et autres centre commerciaux sont restés fermés, y compris le bureau de poste, une unité du secteur public.
Au quartier administratif, l’’ambiance est inhabituelle et morose. Visiblement, la plupart des cadres étaient à leur poste. Mais la circulation est relativement déserte ici, également. Les éléments des forces de sécurité sont pour leur part, visible aux points névralgiques de la capitale. Les vendeurs de journaux sont absents aux points de vente. La plupart des stations radios privées assurent un programme minimum. L’une d’elle, « Légende F.M », diffuse par moment, une interview du Secrétaire général de l’Association Togolaise des Consommateurs (ATC) Agouta Aladjou, confirmant la tenue de la grève et les menaces dont ils feraient l’objet de la part de certains ministres.
Hier, sur les plateaux de la télévision publique, 4 ministres du gouvernement ainsi que les responsables de l’Intersyndicale des Travailleurs du Togo (ISTT), ont amplement expliqué les raisons de la levée de la grève. Ils ont annoncé la mise en place d’un Comité chargé de suivre le processus vérité des prix, désormais mis en place pour régulièrement ajuster les prix. Mais ils ont ce matin subi un cinglant camouflet de la part des Togolais. Le mot d’ordre de grève a également été suivi dans les villes de l’intérieur du pays. Une expression de l’illégitimité au sommet de l’Etat, qui appelle à un dialogue sincère entre l’opposition représentative, Frac et le pouvoir.
Au moment où nous envoyons ce texte en ligne, on signale des échauffourées entre jeunes et forces de sécurité, dans certains quartiers. Nous ferons le point de la situation dans la journée…
Source : http://www.koaci.com/index.php?k=main&koaci=actualite_info&numero_article=5538
